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Tentatives d’ingérence dans les affaires internes de l’Algérie

Le combat douteux des lobbies

La liberté qui autorise même l’excès, comme dans toutes les démocraties, ne signifie pas que n’importe qui se donne le droit de se poser en donneur de leçons.

Après plus de neuf mois de débats, polémiques, manifestations citoyennes, sans aucun grabuge et au moment où le pays se rapproche de la fin de sa crise, un petit député européen, difficilement élu au poste qu’il occupe, un sombre institut de stratégie et un ancien ambassadeur US «s’entendent» pour trouver de «gros défauts» au processus engagé par l’Algérie pour sortir le pays de l’impasse institutionnelle. Les trois intervenants s’étonnent que le «merveilleux soulèvement populaire» puisse demeurer hors couverture médiatique occidentale et estiment donc que neuf long mois de manifestations populaires pacifiques et ininterrompues constituent en soi une prouesse qu’ils n’imaginaient apparemment pas possible. Et c’est cette absence d’informations, cette «opacité» comme ils aiment systématiquement qualifier ce qui se passe en Algérie qu’ils voudraient lever. Pourtant, ils savent pertinemment tout ce qui se passe en Algérie. Grâce au «miracle numérique» des réseaux sociaux, l’Algérie est véritablement une maison de verre. Aucune interpellation, aucune arrestation, aucun procès et même aucun coup de poing n’échappe à la vigilance des caméras et des Live Facebook.
Le petit député européen, le sombre institut de stratégie et l’ex-ambassadeur savent tout cela. Ils n’ignorent absolument rien de ce qui se passe en Algérie. Ils ont bien vu, comme le monde entier l’émergence du peuple sur la scène politique, un certain 22 février 2019. Ils ont suivi les événements qui étaient publics. La démission de l’ancien président qui a entraîné le report de l’élection présidentielle du 19 avril, puis l’échec de la tentative d’en organiser une autre le 4 juillet. Ils ne pouvaient pas avoir manqué l’appel au dialogue. Des personnalités algériennes ont été nommément invitées à prendre part au dialogue. Certaines ont accepté l’invitation, alors que d’autres l’ont déclinée. Le dialogue en question a découché sur des amendements de la loi électorale et le texte régissant le fonctionnement et les prérogatives de l’Autorité d’organisation des élections. Ils ont également constaté que le plus farouche opposant à l’ancien président de la République qui avait boycotté la présidentielle du 4 juillet a reconnu le bien-fondé du travail fourni par le panel du dialogue et souscrit au prochain rendez-vous électoral.
Tout le monde, le petit député compris, a bien vu que les candidatures étaient ouvertes, que l’armée n’a pas de candidat. L’actualité l’a d’ailleurs clairement montré. Que le déroulé du processus de dialogue et celui de l’élection n’aient pas plu à tous les Algériens, cela relève de la normalité dans n’importe quel pays qui respecte sa diversité d’opinion. Que ceux qui rejettent la présidentielle s’expriment librement est une autre preuve de liberté acquise et assumée. Qu’aucun épisode du mouvement n’ait enregistré de personnes éborgnées ou estropiées par les forces de l’ordre, marque la maturité des manifestants et le professionnalisme des services de sécurité. Maintenant que des manifestants soient interpellés, cela arrive dans toutes les démocraties de la planète et le député le sait parfaitement. Quant aux arrestations de certaines «figures» du Mouvement populaire, les Algériens, les avocats et l’ensemble de la communauté nationale n’ont pas attendu les remarques du parlementaire européen pour regretter les privations de liberté. Mais cela est public, les motifs des arrestations sont consignées dans des dossiers judiciaires et aucun prisonnier n’a eu à souffrir d’un traitement dégradant.
Les Algériens qui se reconnaissent dans le mouvement qui s’oppose à l’organisation de l’élection présidentielle ont le droit de dire leur sentiment et d’accuser l’Etat de toutes les tares, des plus viles dictatures. Ils sont dans leur pays, ils usent de leur liberté d’expression. Mais cette liberté qui autorise même l’excès, comme dans toutes les démocraties de la planète ne signifie pas que n’importe qui se donne le droit de se poser en donneur de leçons et convoquer tout un Parlement pour sortir avec une «résolution d’urgence». Où était donc ce Parlement lorsque les Catalans réclamaient leur indépendance, lorsque des Français étaient des millions à réclamer la démission de leur président ? Sans aucune exagération, la situation en Algérie, du point de vue des droits de l’homme, est bien moins critique que celle vécue par la France et l’Espagne.

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