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La première force politique du pays réoccupe la scène avec fracas

La tragédie du FLN

Abane, Ben M’hidi et autres…, ont rêvé du FLN comme de ce levain fertile pour faire monter la pâte d’une Algérie moderne, sociale et prospère. L’histoire se fit autrement…

A la veille de son 65ème anniversaire, qui interviendra en novembre prochain, le FLN subit la plus grave crise de son histoire. A 65 ans, on est vieux et « la vieillesse est un naufrage » disait le général de Gaulle
Ce parti qui mérite, haut la main, l’Oscar des retournements et des rebondissements inattendus réussira-t-il encore une fois à sortir indemne de ce marécage ?
Voyons de plus près, les épisodes qui ont jalonné la vie de ce parti unique au sens propre et figuré du terme.
Pour des scénaristes avisés, il y a matière à un vrai feuilleton restituant la tragédie d’un parti qui a concentré tous les conflits qui meurtrissent le pays: rivalité civil-militaire, putschs, coups d’Etat scientifiques, redressements et démissions avant d’être cloué au pilori par le Hirak qui l’accuse d’avoir cautionné le pillage du pays. Auréolé d’une des plus belles, des plus héroïques victoires sur le colonialisme dans le monde, le FLN se saisit du pouvoir en 1962 et s’en assure l’exclusivité en instaurant le système du parti unique. Mohamed Khider prend les rênes du jeune parti en tant que secrétaire général. A peine une année après l’indépendance, alors que la rébellion des Wilayas III et VI battait son plein contre le pouvoir personnel de Ben Bella, les premières fissures apparaissent au sein du FLN. Le 17 avril 1963, Khider démissionne et s’exile en Europe. C’est le président Ahmed Ben Bella, également Premier ministre, qui cumule la fonction de secrétaire général du FLN d’avril 1963 jusqu’à sa déposition par le colonel Houari Bouemdiene, le 19 juin 1965. A Ben Bella succède Cherif Belkacem qui a fait long feu. Victime d’une cabale, il s’efface en 1967 et quitte totalement la vie politique. Il a été éjecté au profit du bouillonnant Kaïd Ahmed. Ce dernier s’est opposé à la politique de son compagnon de route, l’ancien président Houari Boumediene. Il a osé aller à contresens de la révolution agraire et surtout de la nationalisation des terres agricoles. C’était courir à sa perte que de dire non au tout-puissant Boumediene.

Chadli, Messaâdia et Mehri

La foudre de la malédiction s’abat alors sur Kaïd Ahmed qui tombe en totale disgrâce. Exclu du parti, il meurt exilé le 5 mars 1978 à Rabat au Maroc.
Vint alors le tour de Mohamed Salah Yahyaoui. Militaire, arabisant de formation et de culture, il se voyait digne successeur du président Boumediene. Contre toute attente, c’est Chadli Bendjedid qui a été adoubé par l’armée et élu à la tête de l’Etat en 1979. Il évince, aussitôt installé, Yahyaoui et le remplace par Mohamed Cherif Messaâdia. Idéologue, politique et militant rompu aux arcanes du parti, il a eu à gérer les grands événements de cette formation avec une poussée politique de l’opposition clandestine très virulente, notamment à l’étranger. Et la noria continue, roule ! Arrivent brusquement les événements d’octobre 1988 qui ont sérieusement déstabilisé l’appareil du parti et scellé le sort de Messaâdia alors qu’il était patron incontesté du FLN. Envoyé à Rabat dans le cadre d’une réunion de l’UMA, Chadli lui demande de ramener avec lui l’ambassadeur d’Algérie en poste, un certain...Abdelhamid Mehri. Loin de se douter qu’il venait de signer son arrêt de mort, Messaâdia s’exécute et ramène avec lui Abdelhamid Mehri. Alors que l’avion d’Air Algérie atterrissait à l’aéroport, une voiture qui attendait sur le tarmac conduit Mehri directement à la Présidence. L’idéologue n’y a vu que du feu. Il est remplacé au pied levé. Le président Chadli a-t-il vu juste ? Abdelhamid Mehri était le mieux indiqué pour rehausser l’image d’un parti traîné dans la boue après les émeutes du
5 octobre 1988.
Au suivant! On est en 1992, l’Algérie organise les premières élections législatives libres de son histoire. Terrible gifle pour le FLN. Désavoué, ridiculisé, il se classe en troisième position, loin derrière le FIS dissous et le FFS de Hocine Ait Ahmed. Le processus électoral est arrêté, l’Algérie sombre dans la folie meurtrière, la guerre civile fait rage et le FLN, pour la première fois de son histoire, balance dans l’opposition. Abdelhamid Mehri, qui s’est rallié à Hocine Ait Ahmed, met le pouvoir de l’époque dans une posture très gênante. Au système, on ne pardonne pas pareils écarts. Mehri doit payer pour « ces mauvaises fréquentations » et voilà que le système sécrète une incroyable trouvaille ! «le coup d’Etat scientifique».
C’est ainsi que Mehri a été évincé pour retrouver à sa place le fade Benhamouda. Effacé et discret, il passe à la tête du FLN sans grand relief avant d’être débarqué par un jeune loup et ambitieux Ali Benflis. Il se saisit des rênes du parti de 2001 à 2003, et pour la première fois sa majorité au Parlement. Grisé par cette euphorie du succès, Benflis caressait le rêve légitime de devenir président. « Pourquoi pas moi ! », se disait-il fort de cette légitimé populaire.

Le goût succulent des cadavres

Il venait de franchir le Rubicon et l’ex-président Bouteflika l’élimine du parti par la grâce d’un mouvement de redressement conduit par Abdelaziz Belkhadem et d’une justice de nuit. Belkhadem s’installe au poste de SG de 2005 à 2013. Les crises s’empilent, s’accumulent et un mouvement de redressement en chasse un autre et le patron du parti chavire une première fois quand les révoltes arabes portaient les islamistes au pouvoir. Au second dérapage, il se fait éjecter lui aussi par un mouvement de redressement avant d’être radié d’un trait de plume par Bouteflika des rangs du parti. Et voilà le bulldozer Amar Saâdani qui arrive avec fracas et vrombissements. Il descend dans la cage aux lions, mène son combat contre le patron des services de renseignement, le général Toufik qu’il accuse de tous les maux politiques dont souffre le pays. Le job étant accompli contre le général, Saâdani est poussé à la porte.
Il rend le tablier en octobre 2016. Surgit le grotesque clown Djamel Ould Abbès pour amuser une galerie dégarnie d’un parti à bout de souffle. Le spectacle de mauvais goût a duré deux ans, puisqu’en novembre 2018, Ould Abbès a été débarqué de son poste sans grand bruit au motif de maladie et c’est l’inconnu Bouchareb qui lui succède. Suffisant et imbu de sa personne, Bouchareb s’est lancé dans des diatribes injustifiées pensant donner du relief à une scène politique totalement vitrifiée sous l’ère Bouteflika. Peine perdue.
Il sera lui aussi éjecté, humilié et vomi par le Hirak. Au FLN, les cadavres ont un goût succulent. Placé à l’affût, Mohamed Djemaï, achève son «ami» politique, Bouchareb, le piétine et prend sa place.
Djemaï reprend les même allures d’arrogance et de suffisance au point d’accuser tous les habitants de Tébessa, sa région natale, de contrebandiers. Il se dit clean, propre, réfutant toute idée de corruption à son encontre. La justice ne l’entend pas de cette oreille. Elle vient de demander officiellement la levée de son immunité parlementaire et voilà un autre SG du FLN qui risque de se retrouver en prison après Ould Abbès.
Telle est l’histoire simple et brève du Grand FLN jusqu’au jour où il chuta dans les basses-cours.

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