{{ temperature }}° C / {{ description }}

Cité introuvable.

10 ans de prison ferme pour Kamel El Bouchi

La déliquescence et la corruption pullulent dans l’administration

Dans cette première affaire pour laquelle est poursuivi Kamel Chikhi et qui a été jugée, jeudi dernier, plusieurs peines allant de 4 à 10 ans de prison ferme ont été prononcées à l’encontre d’une douzaine d’accusés.

Kamel Chikhi dit « Kamel El Bouchi » a été condamné, jeudi dernier, à dix ans de prison ferme par le tribunal de Sidi M’hamed dans l’affaire de documents, des livrets fonciers et actes de propriété où il est accusé d’«incitation à l’abus de pouvoir et octroi de pots-de-vin à des fonctionnaires des services d’urbanisme d’Alger en contrepartie d’indus services». Le principal accusé, Kamel Chikhi en l’occurrence, a enrôlé 13 mis en cause dans cette affaire dont une femme, Djaouida Hourizi, une fonctionnaire au niveau du service de l’urbanisme de la commune du Kouba. Le procès a été caractérisé par une ambiance rarement vécue dans les annales de la justice algérienne, pour cause, la projection des vidéos montrant toute l’opération de la corruption en direct, ce qui a rendu le procès sensationnel, mais aussi efficace et rapide, pour ainsi dire, à cause des preuves saillantes arborées à l’encontre de tous les prévenus qui ne trouvaient rien à dire face à cette situation, si ce n’est d’exprimer leur étonnement en se cantonnant dans un silence dubitatif.
Le procès de l’affaire Kamel Chikhi a montré que la corruption n’est pas juste un épiphénomène, c’est une institution à la dimension tentaculaire, c’est-à-dire qu’elle a pavé la voie vers son ancrage au sein de la société à travers des fonctionnaires qui assuraient ce qui est appelé communément la mission de l’agent public. Durant le procès on ne voyait que des agents d’administration, des chefs de service, des divisionnaires de l’urbanisme et des élus de la collectivité locale.
C’est le cas du prévenu Belkacem Akbal, cet agent au niveau du service d’hygiène n’a pas tardé à devenir un élu au sein de l’APC de Kouba. Interrogé sur ses relations avec le prévenu en chef, Akbal a fait dans des déclarations où les chérubins rigolent, surtout que ses réponses au juge étaient contrariées par la vidéo dans laquelle il apparaissait en chair et en os en train de recevoir une somme d’argent avoisinant les 70 millions de centimes. Akbal a assuré que «la somme d’argent ne m’appartient pas. Je l’ai récupérée pour un entrepreneur». Chikhi, lui, a répondu de la manière qui a suscité l’hilarité à la question de savoir s’il connaissait Akbal. «Je l’ai connu lors des rencontres hasardeuses dans la mosquée» a dit Chikhi, vite contredit par la séquence vidéo qui le montrait avec Belkacem Akbal dans une posture de celui qui avait bel et bien une relation approfondie avec ce dernier. Le deuxième prévenu appelé au banc des accusés, un peu « audacieux », est un ex-subdivisionnaire de l’urbanisme de Bir Mourad Raïs, Tahar Amir. Ce dernier est poursuivi pour corruption et trafic d’influence. Il voulait induire le juge dans d’autres pistes dans le but de voir son cas connaître un allègement de peine. Dans ses déclarations, Amir Tahar a impliqué l’ex-ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf. « Je ne connais pas Chikhi, on m’a confié la tâche d’aller le voir, mais j’ai refusé. C’est l’ex-ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf qui m’a appelé pour aller le voir » a dit Tahar, mais le juge n’a pas relevé cette information et a posé une autre question en rapport avec sa présence au bureau du principal accusé pour recevoir des passeports pour le Hadj et la somme d’un million de dinars et une autre de 4000 et 5000 dollars respectivement. Tahar a essayé de contourner les faits en assurant que l’argent et les passeports étaient pour certains amis et proches. Une réponse qui a remis en cause toutes ses déclarations précédentes quant à son innocence et qu’il n’avait aucun contact avec Kamel Chikhi.
Dans le cas de Amir Tahar, la réponse de Chikhi est venue comme une espèce de moquerie dans la mesure où les sommes d’argent empochées par l’ex-subdivisionnaire de l’urbanisme relevaient, comme l’a déclaré Chikhi, en réponse aux questions du juge en indiquant que « les sommes d’argent que j’ai données à Amir Tahar n’ont rien à voir avec les pots de vin, je suis un homme qui aime faire de la charité, c’est une « sadaka » pour satisfaire mon devoir à l’égard du Bon Dieu ». Cette réponse a fait réagir le juge qui lui a répondu par une autre question « Pourquoi la « sadaka » touche uniquement des cadres et les hauts fonctionnaires de l’Etat, alors qu’il n’ont pas besoin de ça ? ». La réponse de Kamel Chikhi est comme à l’accoutumée « je suis un homme généreux et j’aime aider les gens, tous le monde sait que j’aide sans calcul. Moi je ne considère pas que ce je fais c’est de la corruption, c’est de la charité pour gagner la satisfaction du Bon Dieu », a-t-il mentionné.
Les 13 mis en cause ont eu à être enrôlées dans le traquenard de Kamel Chikhi qui a su les prendre dans les tenailles de sa stratégie diabolique en les enregistrant via ses caméras installées dans ses bureaux.
La salle où s’est déroulé le procès de « Kamel El Bouchi » s’est transformée en un lieu où la projection des vidéos impliquant les accusés avait toute la force irréfutable qui a permis au tribunal de gérer l’affaire, voire l’audience sans que cela favorise des réactions et des lectures de la part de la défense qui assistait bouche bée à des scènes en direct de ses clients pris en flagrant délit en train d’encaisser des sommes faramineuses en dinars, en dollars et en euros. Les scènes visionnées par Chikhi pour faire chanter les agents publics ont été interprétées par lui face aux questions du juge comme étant «un moyen de distraction, voire un jeu dans le but de taquiner ceux que je recevais dans mon bureau», a asséné avec moquerie le prévenu en chef. L’image de la femme qui a été prise la main dans le sac en train de recevoir la parure de 15 millions de centimes, montre on ne peut mieux que la scène est plus coriace et indémontable devant leurs réponses et déclarations face au juge qui s’est basé sur des preuves irréfutables, à savoir des images vidéos qui laissent les présents pantois.

De Quoi j'me Mêle

Placeholder

Découvrez toutes les anciennes éditions de votre journal préféré

Les + Populaires

(*) Période 7 derniers jours