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La nouvelle ville de Draâ Errich

La déception après des années d’attente

Qu’elle soit une nouvelle ville ou ville nouvelle, Draâ Errich n’est autre qu’une boule de neige qui a, aussitôt, fondu.

«Smart City», «ville intelligente» ou encore «ville futuriste», ces titres pompeux que les responsables locaux et nationaux «servaient» à chaque occasion pour louer les qualités de cette agglomération de béton, située à 40km au sud du chef-lieu de wilaya de Annaba, cache une réalité tout autre. C’est malheureusement la triste vérité de ce mégaprojet qui a valu à Draâ Errich la promotion au statut d’une wilaya déléguée ! Sur quelle base et sur quel critère ? Nul ne peut le savoir. Au vu des conditions qu’endurent les milliers de nouveaux occupants des cités de cette nouvelle ville, le seul critère est semble-t-il son appellation de « nouvelle ville » sans tenir compte du minimum nécessaire à la vie humaine. À ce titre on cite l’absence de gaz de ville, au niveau de certains immeubles des cités attribuées.
L’alimentation en cette énergie ne s’est pas encore faite et c’est la galère pour tous ; la bombonne de gaz butane est un bien précieux, pour lequel on doit cavaler pour le trouver. Et s’il est disponible, les ménages sont obligés de le payer entre 350 et 400 DA. La pénurie s’est aggravée ces derniers temps avec la période hivernale et le froid qui sévit depuis quelques jours faisant exploser la demande. Certains occupants de la cité 712 Logements, s’indignent de la politique de la Sonelgaz qui exige l’occupation de l’ensemble de l’immeuble, narguant dans l’indifférence ce besoin vital des familles. « Les agents de la Sonelgaz sont passés et ont placé, uniquement les robinets des compteurs de gaz pour les appartements habités », ont précisé des locataires.
En ajoutant « ils nous ont exigé pour l’alimentation en gaz de ville, que tous les logements soient occupés » s’indignant de cette politique, nos interlocuteurs, interpellent le wali délégué de la nouvelle ville, pour une intervention imminente, notamment en cette période de grand froid où les températures avoisinent les 7°. « Les services de l’Opgi ont payé le marché, c’est la Sonelgaz qui ne veut pas libérer le gaz de ville», ont lancé nos interlocuteurs. Indexée par les interlocuteurs, la Sonelgaz de Berrahal est accusée d’être à l’origine de ce désagrément.

Les désagréments se suivent et se ressemblent
Outre cela, la réalité est encore plus amère qu’on ne le pense pour l’ensemble des habitants de cette nouvelle ville. En effet, les habitants sont aussi confrontés au problème d’alimentation en eau potable. Ils sont contraints de s’approvisionner en ayant recours à l’achat d’eau à partir de citernes. Situation empoisonnant la vie des populations qui se plaignent et qui attendent toujours que la distribution d’eau se fasse régulièrement. La mésaventure des ménages se poursuit avec, les difficultés de déplacement. Les transports ne sont pas en reste et la situation devient encore plus insupportable à chaque nouvelle attribution de logements avec des milliers de nouveaux habitants qui arrivent et qu’il faudra prendre en charge. Les mesures engagées par les pouvoirs publics demeurent insuffisantes pour juguler cette crise des transports qui pénalise les citoyens dont la plupart travaillent à Annaba et doivent chaque jour se déplacer pour rejoindre leur travail.
Une aubaine pour les taxis clandestins qui prennent le relais et imposent leurs prix. Une situation donnant souvent lieu à des retards au travail ou à des absences fréquentes des employés.
Quant aux marchés de proximité, il n’en existe pas encore et ce sont les marchands ambulants de fruits et légumes activant dans l’informel qui se sont imposés, bien sûr, avec tout ce que cela suppose comme insalubrité et nuisances pour les riverains et l’environnement. Avec tous ces désagréments, pour ne pas dire imperfections, on se demande comment ose-t-on qualifier ces constructions sans âme, de nouvelle ville.
Cette dernière qui jusqu’à la mise sous presse, baigne dans la gadoue. En effet, à la moindre chute de pluie c’est toute cette nouvelle ville qui s’engloutit dans les eaux. Le dernier cas, la semaine dernière, a vu les appartements du rez-de-chaussée envahis par les eaux de pluie.

Souscripteur en colère
Les occupants ont été contrains de quitter les lieux, emportant ce qui pouvait être emporté. Un véritable sinistre passé dans l’indifférence la plus totale des responsables. C’est à se demander, où est-on allé chercher ces titres pompeux pour cette nouvelle ville, qui a consommé quatre walis, pour « accoucher » de pareils désagréments et anomalies ? Ce qui explique que, certains bénéficiaires de logements n’ont pas encore déménagé dans les nouveaux appartements, ils préfèrent plutôt continuer à vivre encore dans l’exigüité pour ne pas avoir à subir ces aléas. Dépourvu de tous types d’équipements publics, hormis deux écoles primaires et un lycée, ce nouveau pole urbain est le parfait exemple de la ville fantôme, notamment en l’absence totale de l’éclairage public. Et dire que le président Abdelmadjid Tebboune du temps qu’il était ministre de l’Habitat, puis ses deux successeurs Abdelwahid Temmar et Kamel Beldjoudj, avaient, lors de leurs visites respectives, insisté sur l’achèvement des infrastructures d’accompagnement, avant toute attribution. Hors, la hâte semble-t-il pour apaiser la tension des demandeurs de logements à Annaba, est à l’origine d’une situation qui, si rien n’est fait, ces mêmes demandeurs, aujourd’hui, bénéficiaires de logements, risquent d’exploser sous le poids insoutenable des désagréments de cette politique irréfléchie d’attribution de logements. S’agissant de la situation sécuritaire à Draâ Errich, si elle n’inquiète pas trop, c’est grâce aux éléments de la Gendarmerie nationale, qui veillent jour et nuit sur la sécurité des personnes et leurs biens. Ces vigiles de la paix patrouillent H24 dans les différentes cités de cette agglomération dite ville moderne… En attendant que ce mégaprojet, prenne forme avec l’achèvement en cours des travaux de certains chantiers de réalisation d’équipements collectifs, parmi lesquels 58.000 logements, tous segments confondus, les premiers occupants ont bénéficié, de l’accès à un minimum de droits, à savoir l’alimentation en gaz de ville et en eau potable.

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