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47e mardi de mobilisation pacifique

L’appel des étudiants au peuple

Le REC appelle le peuple à s’organiser au sein de collectifs et de comités, et projette d’élaborer une plate-forme politique.

Les infatigables étudiants et leurs enseignants ont marqué le point, hier, à l’occasion de leur 47e marche nationale pacifique. Fidèles à ce rendez-vous des mardis, ils ont défilé, encore une fois, dans les rues et les villes du pays. Même objectif : la satisfaction totale des revendications populaires légitimes, en faveur d’un changement politique profond et pour l’édification d’un Etat de droit. À Alger, la marche n’a pas drainé que les étudiants des différents établissements universitaires, mais étaient présents à leurs côtés, encore une fois, des citoyens, femmes, hommes, des jeunes et des moins jeunes. Toujours bien organisé, le convoi des manifestants, qui a tenté de rejoindre l’esplanade de la Grande Poste, l’édifice emblématique symbolisant les premières marches populaires pacifiques, sera cependant stoppé par les forces de l’ordre, fortement déployées.
Mais cela n’a pas freiné l’engouement des marcheurs qui, tout au long de l’itinéraire de la marche, qui va de la place des Martyrs jusqu’à la place Maurice-Audin, en passant par la place Emir-Abdelkader, ont réaffirmé l’appel «à une véritable transition démocratique» scandant «Djazaïr hourra dimokratiya» (Algérie libre et démocratique). Avant de prendre le chemin de la rue Bab Azzoun, les étudiants, munis de drapeaux et autres étendards frappés des couleurs nationales, ont, comme de coutume, entonné l’hymne national.
Toujours vifs et alertes, les étudiants n’ont pas manqué de réagir au grave dérapage du directeur de la culture de M’sila, Rabah Drif, qui a qualifié le chahid Abane Ramdane de «traître». «Je pense qu’il ne faut pas se contenter de limoger cette personne qui s’est attaquée à la mémoire du glorieux martyr. Il doit être également poursuivi en justice, pour servir d’exemple», a indiqué une enseignante croisée parmi la foule. Une vieille dame, accompagnée de ses deux petites filles, nous dira que «Abane Remdane demeure l’architecte de la révolution.»
La nouveauté de la marche d’hier est sans conteste l’étendard minutieusement confectionné et dressant une plate-forme de 14 revendications, qui a été brandi par les étudiants. Sur ce dernier, on pouvait lire «Transition démocratique négociée ; dissolution des deux chambres du Parlement, organisation des élections législatives et locales anticipées» ou encore : «Concrétisation de l’ouverture politique et médiatique, séparation des pouvoirs». à ce propos, il y a lieu de préciser qu’un rassemblement estudiantin pour le changement est né (REC). Il a été créé il y a une semaine par des étudiants de l’Usthb (Bab Ezzouar). Ses fondateurs sont des étudiants très impliqués dans les rendez-vous des mardis et ceux des vendredis. Filles et garçons, ils tentent de réunir un maximum de jeunes militants. « Quelles que soient leurs idéologies, leurs langues principales et leurs régions d’origine, les jeunes étudiants peuvent se joindre à nous», nous explique une étudiante du REC. L’interlocutrice nous a indiqué que «cette organisation estudiantine appelle le peuple à s’organiser dans des collectifs et comités, pour que l’on puisse s’imposer en tant que force politique concrète, à même de proposer et d’imposer des mesures politiques traduisant nos exigences». Elle affirme également que le collectif est prêt à travailler avec d’autres mouvements estudiantins et projette d’élaborer une plate-forme politique. Un quadragénaire qui suivait de près nos échanges, a lancé : «C’est une très bonne initiative», ajoutant que «cela nous donne une idée sur cette jeunesse qui est consciente du fait que la poursuite du Hirak constitue un virage décisif pour l’édification d’un état de droit». Lors de cette énième mobilisation, les étudiants n’ont pas oublié les détenus du Hirak, en brandissant aussi des pancartes et des posters de leurs camarades, toujours en prison. Ils ont enfin insisté sur la libération des détenus d’opinion, à l’instar de Foudil Boumala, Karim Tabbou et Samir Belarbi.

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