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Le défilé de ministres, walis et hommes d’affaires devant les juges se poursuivra

L’angoisse de l’effet domino

D’autres n’ont pas encore été inquiétés, mais la justice ne devra pas tarder à les convoquer. Il ne s’agit point d’un oubli, mais d’un traitement par segment et par région.

«Pour qu’un château de cartes s’écroule, il suffit d’en retirer une seule.» C’est exactement ce qui est arrivé en Algérie : d’une première arrestation, des dizaines d’autres ont suivi. C’est là l’effet domino qui a provoqué la chute séquentielle de presque la totalité des hauts responsables qui se sont succédé au pouvoir ces 20 dernières années. Il ne s’agit pas d’un, de deux ou même de cinq ministres. Leur nombre est effarant et dépasse la vingtaine. Même le ministre de la Justice est concerné L’ancien garde des Sceaux, Tayeb Louh, interdit de sortie du territoire national, est poursuivi pour des faits à caractère pénal relatifs à la corruption. Scandaleux ! Et c’en est loin d’être fini, puisque d’autres attendent juste leur tour pour passer devant les enquêteurs de la Cour suprême. Cette descente aux enfers concerne également les oligarques algériens qui tombent les uns après les autres. Qui aurait pensé que l’homme le plus riche d’Algérie passe son été… en détention? Que les Benhamadi, Tahkout, Oulmi ou encore Haddad allaient un jour croupir en prison ? D’autres n’ont pas encore été inquiétés, mais la justice ne devra pas tarder à les convoquer. Il ne s’agit point d’un oubli, mais d’un traitement par segment et par région. D’ailleurs, à Mostaganem, à titre d’exemple, les dossiers de plusieurs ex-walis ont été transmis à la Cour suprême la semaine dernière pour dilapidation du foncier touristique. Le nom d’un ex-ministre et le frère d’un autre ancien ministre figurent parmi les mis en cause. La dilapidation du foncier agricole dans les wilayas de Aïn Defla, Khenchela, Tipasa, Relizane, Sidi Bel Abbès et Aïn Témouchent sera également sous l’œil des enquêteurs dans les prochains jours, selon un quotidien national. Un dossier qui enfoncera encore plus l’ex-Dgsn, Abdelghani Hamel, l’ex-ministre des Travaux publics et plusieurs ex-walis. Les ex-ministres qui ont pris la fuite ne sont pas pour autant à l’abri de la justice. Abdessalem Bouchouareb et Chakib Khelil, qui n’ont pas répondu aux convocations de la Cour suprême sous prétexte de soins dans des pays étrangers, n’ont pas pour autant réussi à duper les juges d’instruction. Ces derniers ont déjà envoyé des commissions rogatoires demandant aux pays hôtes où se réfugient les deux mis en cause, à savoir les Etats-Unis pour Khelil et la France pour Bouchouareb, de confirmer l’authenticité des certificats médicaux présentés. Si la réponse est négative, la justice actionnera alors sans tarder la procédure d’extradition. A bien voir donc, la justice avance doucement, mais sûrement dans les multiples dossiers de corruption qu’elle a ouverts. Elle tente de débusquer la pieuvre et ses tentacules, partout où ils se sont incrustés. Certes, pour le moment, beaucoup de noms de richissimes hommes d’affaires qui se sont servis à l’époque de «la poule aux œufs d’or», connus par le commun des Algériens, ne sont pas encore inquiétés, mais cela ne saurait tarder car la justice ne fait pas dans le deux poids, deux mesures. Les hommes de loi savent pertinemment qu’ils sont aujourd’hui devant une responsabilité historique et décisive en tant que caution indispensable au rétablissement de la confiance et à la concrétisation des aspirations du peuple. Les Algériennes et Algériens sont sortis par millions dans les rues appelant au départ des «voleurs» et à leur jugement, mais aussi et surtout à l’établissement de l’Etat de droit. Dans cette démarche, le commandement de l’ANP s’est toujours engagé au côté du peuple, réitérant à chaque fois son engagement à soutenir et accompagner la justice dans ses missions constitutionnelles et surtout à «rouvrir tous les dossiers lourds» liés à la corruption. « Concernant la justice, gérée par des hommes loyaux, nous nous sommes engagés, dans l’ANP, partant de nos missions constitutionnelles et nos prérogatives, à l’accompagner, la soutenir et l’encourager, ainsi qu’à lui fournir toutes les garanties et l’assister pour s’acquitter de ses missions dans les meilleures conditions, loin de toute forme de pression, et rouvrir tous les dossiers lourds, y compris ceux qui étaient délibérément jetés aux oubliettes au fond des tiroirs», a souligné, dans son dernier discours le chef d’état-major affirmant que «le dossier de toute personne dont l’implication a été prouvée dans des affaires de corruption et de dilapidation de deniers publics, sera présenté devant la justice, qui s’occupera de le juger pour son crime envers la patrie et le peuple». Il faut s’attendre alors à une rentrée judiciaire des plus explosives surtout avec l’actuel ministère de la Justice, un magistrat qui a bien connu l’enfer de l’injustice.

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