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Marches pacifiques dans plusieurs wilayas du pays

L'Algérie fête son hirak

Le saut qualitatif attendu du Hirak serait que sa composante admette la nécessité de s'appuyer sur le suffrage universel pour aboutir au changement espéré.

Le Mouvement populaire ne s'est pas éteint. Pour son deuxième anniversaire, il a montré un niveau de vitalité appréciable, annonçant la reprise très probable des marches pour les vendredis prochains. Même si les manifestations d'hier n'égalaient pas l'ampleur de celles de 2019 et ne s'étaient limitées qu'à quelques villes, il reste que la mobilisation était tout de même remarquable, pour un jour ouvrable. La détermination d'accompagner la démocratisation effective de l'Etat est demeurée donc la même qu'en 2019 et l'esprit originel du Mouvement populaire ne semble pas avoir perdu de sa force.
Les Algériens qui ont marché dans une dizaine de villes ont montré un sens élevé de patriotisme et un attachement viscéral au caractère pacifique du Mouvement populaire.
A travers toutes les marches d'hier, exactement comme c'était le cas tout le long de l'année 2019, aucun incident n'a été signalé. Intervenues au lendemain de l'élargissement des détenus du Hirak, la démonstration populaire a marqué, non pas un tournant dans l'Histoire de la contestation populaire, comme le voulaient certains mercenaires installés à l'étranger, mais une continuité dans le combat citoyen en faveur d'une Algérie meilleure et plus démocratique.
Les marcheurs d'hier ne sont pas représentatifs de la pensée populaire du moment, mais ils ont effectivement le droit d'exprimer leur désir de la manière qu'ils désirent, pour peu qu'ils ne contreviennent pas aux lois de la République. La nouvelle Constitution garantit l'exercice plein des libertés individuelles et collectives et les Algériens ne s'y sont pas laissés inviter pour occuper l'espace public. Il faut dire, au passage, qu'ils ont arraché le droit de marcher et la constitutionnalisation de cette liberté répond à l'une des exigences du Mouvement populaire. Les prochaines semaines seront certainement déterminantes pour apprécier la pérennité des marches comme une expression populaire de premier ordre. La donne en 2021 est différente. La société a évolué. L'Algérie dispose d'une nouvelle Constitution, d'un nouvel Exécutif et est sur les portes d'élections législatives. Une partie de l'opinion est en droit d'estimer que rien n'a changé et que les préconisations du Hirak dans ces premières semaines de manifestations sont encore de mise. Mais il existe aussi parmi les Algériens, ceux qui pensent qu'il est nécessaire de capitaliser sur ce qui a été réalisé et tenter l'expérience du suffrage universel pour faire entrer l'esprit du Mouvement populaire dans les institutions du pays. Ce ne sera pas un bras de fer à proprement parler, mais il est entendu, qu'au fil du temps, un débat sérieux s'instaurera sur l'opportunité d'une action politique organisée pour réaliser le saut qualitatif que tout le monde appelle de ses voeux en Algérie. Et pour cause, une bonne proportion des Algériens en sont à se demander quant à l'utilité d'une pression populaire permanente, sans capitalisation réelle au plan de la gouvernance. Car ce qui a été constaté jusque-là, c'est que la cassure entre la société et la classe dirigeante ne s'est pas résorbée et les initiatives du pouvoir ne sont pas toujours bien comprises par la population.
Les deux rendez-vous politiques proposés par l'Etat, à savoir l'élection présidentielle et le référendum constitutionnel n'ont pas mobilisé la majorité des Algériens. Mais dans le premier cas, comme dans le
second, ce sont autant d'avancées concrètes qui permettent au pays de fonctionner et aux libertés de s'exercer dans le cadre de la loi. Il est des Algériens qui n'avaient pas souscrit aux deux initiatives et qui s'interrogent légitimement sur le bien-fondé d'une attitude de rejet systématique de tout ce qui vient de l'Etat. L'opinion nationale, de moins en moins insensible au discours du chef de l'Etat, imposerait naturellement ce débat, d'une manière ou d'une autre, au sein du Mouvement populaire. En fait, le saut qualitatif attendu du Hirak, pour sa troisième année d'existence, serait que sa composante admette la nécessité de s'appuyer sur le suffrage universel pour aboutir au changement espéré, sans se départir des marches hebdomadaires. Le Hirak dans sa version 2021 a la mission de donner au peuple le pouvoir du contrôle effectif des élections législatives et locales.

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