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Rachid Lerari, professeur de droit, à L’Expression

«Il faut briser les chaînes»

Réagissant à l’opération en cours de la révision de la Constitution décidée par le président de la République, le professeur Lerari, constitutionnaliste, explique dans cet entretien, l’impact politique de cette révision et les étapes de sa concrétisation.

L’Expression : Comment voyez-vous, l’impact de la révision de la Constitution sur la scène politique ?
Rachid Lerari : La révision de la Constitution en cours, représente la pierre angulaire, dans le cadre de la reconsidération de la gouvernance, et le renouvellement de ses rythmes sur tout le centre des responsabilités au sein des institutions de l’Etat. Et ce dans l’optique de l’émergence de la nouvelle République, conformément au programme du président de la République, annoncé lors de la campagne électorale, et sur lequel il a insisté lors du Conseil des ministres, et traduit en axes dans la lettre désignant le professeur Ahmed Laraba en tant que président du Comité d’experts chargé de formuler des propositions pour une révision constitutionnelle. Cette dernière vise à recouvrir l’autorité de l’Etat, apporter plus de discipline dans la vie politique et ce à travers la séparation de l’argent du pouvoir et la lutte de la médiocrité dans la gestion, sortir des obédiences et des allégeances du système de gouvernance et se baser sur les compétences et les principes de l’intégrité et la loyauté au peuple. Dans ce sillage, il est important également d’acter l’indépendance de la justice, promouvoir la démocratie participative, mettre en place les mécanismes efficaces pour la lutte contre la corruption. Il s’agit également de soutenir le système démocratique favorisant la pluralité politique, l’alternance au pouvoir et aboutir à un équilibre efficace dans la séparation des pouvoirs.

Comment voyez-vous la concrétisation de ses axes sur le terrain ?
Il est impératif de revoir la distribution des prérogatives au sein du pouvoir exécutif, et ce par la création du poste de président de l’Etat avec des prérogatives limitées, l’élargissement des prérogatives du pouvoir législatif et la réhabilitation de sa fonction de contrôle sur le travail de l’Exécutif, et revoir la composition du Conseil de la nation, en donnant la priorité aux compétences scientifiques et améliorer les conditions et les garanties qui assurent l’indépendance du pouvoir judiciaire. Par ailleurs, il est tout aussi important de briser les chaînes dans l’exercice de certains droits et libertés, notamment collectives, tels que le droit de manifester, de se rassembler en entité syndicale, partisane, associations et ce dans l’ultime souci de conférer à la vie politique, l’aspect démocratique. Dans ce sens, nous aurions souhaité savoir si les résultats des consultations en cours avec les acteurs politiques et les propositions qui en découlent, seraient incluses dans la révision de la Constitution, et si il ya eu consensus autour. Il faut dire cependant que tout ce travail, entre dans le cadre de la réhabilitation de la confiance entre le citoyen et l’Etat, car c’est le plus grand défi que rencontre le pays aujourd’hui.

Que pensez-vous de l’impact de la révision de la Constitution sur le dialogue proposé par le président de la République ?
Il ya deux axes : celui de la révision de la Constitution qui renferme l’aspect juridique et technique, et il y a l’axe du dialogue, mais les deux se profilent dans la même optique et sont pédagogiquement complémentaires. Le plus important, c’est de convaincre le citoyen à adhérer dans cette vision et ce à travers l’efficience de ses axes, qui s’inscrivent dans une crédibilité acquise par le fait que ces actions ont été déjà annoncées lors du programme électoral du président, et s’orientent vers l’émergence d’un projet de société, à même de permettre aux citoyens d’exercer leurs droits et leurs libertés dans un cadre juridique et déterminer clairement les mécanismes qui seront employés.
Il ne suffit pas de dire que le citoyen a le droit de créer un parti ou association, sans préciser que tout le système par lequel passe la pratique de ces droits et libertés, repose sur un principe fondamental, qui est l’autorisation préalable. Or, dans un cadre démocratique, le principe de liberté d’exercice aurait voulu que ce soit le principe de la notification d’exercice ou de création qui prime. Autrement dit, le citoyen ne sera pas tenu d’attendre les autorisations pour pratiquer ce droit, il sera tenu uniquement de déclarer son activité et son statut et de demeurer sous le joug de la justice en cas de délit. Ce sont les procédures qui importent au final, car c’est à travers elles que le citoyen pourra savoir si réellement il y a un changement.

En tant qu’observateur, comment évaluez-vous la situation actuelle du pays après les dernières évolutions de la scène politique ?
Nous sommes arrivés à une phase cruciale où l’Algérie a besoin de tous ses enfants et se consacrer aux affaires urgentes qui peuvent aboutir à un consensus, celles qui rassemblent ou et différent des dossiers qui séparent, car pour l’heure, nous avons besoin de planter les graines de l’espoir et de la confiance, pour pouvoir avancer et sortir de cette crise.

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