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La parole redonnée au peuple lors du scrutin du 12 décembre prochain

Dites-le par l’urne !

Le pays dispose d’une assise juridique véritablement consensuelle pour organiser la présidentielle.

Les dés sont jetés. L’élection présidentielle aura bel et bien lieu. La date, fixée au 12 décembre prochain, est synonyme, pour des millions d’Algériens, de la fin d’une période d’incertitude où tout était possible. Cette troisième tentative d’organiser le scrutin devra impérativement être la bonne. Les deux premiers échecs auront été le fait des Algériens eux-mêmes qui ont considéré qu’organiser une présidentielle avec un candidat qui ne remplissait visiblement pas les conditions de candidature était inconcevable. Ils auraient pu laisser faire et boycotter massivement le scrutin, mais ils ont préféré investir les rues des villes et villages du pays pour «interdire» souverainement à l’ancien président de briguer un cinquième mandat. Le peuple ne voulait pas être au-dessus de la loi, mais à l’époque la loi ne semblait pas être au-dessus de tous. En tout cas, c’est comme cela que les Algériens ont décidé que soit la fin du président Bouteflika. Et c’est ce même peuple qui, à force de mobilisation, a fait comprendre aux candidats potentiels l’impossibilité d’activer «mécaniquement» l’article 102. Il fallait, disaient les partis de l’opposition, un maximum de garanties pour assurer un scrutin crédible. Refusé par les Algériens, le rendez-vous du 4 juillet dernier était tombé à l’eau, en raison justement de l’absence de ces garanties. L’Histoire retiendra, en effet, que l’Etat a cédé, par deux fois, à la volonté d’un peuple qui a démontré sa force pacifiquement et expliqué sa ferme intention de rester maître du jeu.
Maître du jeu, le peuple l’a effectivement été, puisqu’au final, le président de l’Etat a répondu favorablement à une idée qui a fait consensus et qui considérait nécessaire la création d’un panel, avec la mission de créer les conditions juridiques et politiques, à même d’organiser une élection présidentielle crédible. La revendication avait traversé l’ensemble du corps social et il était tout à fait admis qu’une pareille démarche était le meilleur moyen de solutionner la crise institutionnelle. Devant l’incapacité des partis à dégager le panel, une association s’en est chargée et le déclic s’est produit.
Aujourd’hui, grâce au travail du panel, le pays dispose d’une assise juridique véritablement consensuelle pour organiser la présidentielle. Et pour cause, aussi loin qu’on remonte dans les discours de l’opposition, on retrouve quasiment, point par point, ses recommandations, dans les textes législatifs votés par les deux chambres du Parlement. D’ailleurs, aucune formation de l’opposition n’a critiqué le travail de l’Instance nationale de dialogue et de médiation dans le fond. Les critiques relevaient des questions de «principe» et le refus de recevoir les membres du panel cachait assez mal la gêne de devoir reconnaître le bien-fondé du travail accompli par l’Instance de Karim Younès.
C’est bien la première fois dans l’Histoire de l’Algérie indépendante que le peuple «impose» des amendements stratégiques pour s’assurer que sa voix ne soit pas détournée d’une manière ou d’une autre. Cela, l’ensemble des acteurs politiques l’admet. Les nouveaux textes autorisent les Algériens à penser que la prochaine présidentielle sera véritablement la bonne. Sauf qu’il faille, pour que cela marche, que l’ensemble des électeurs soit convaincu du bon déroulement des opérations, il est essentiel de ne pas les parasiter par des discours défaitistes et des comportements politiques nuisibles. Au contraire, l’essentiel de l’énergie populaire doit être dirigé vers la surveillance des urnes, la mobilisation de tous les électeurs. L’action de l’opposition serait effectivement bien plus rentable à la société et au processus démocratique, si elle est dirigée dans ce sens, plutôt que de créer un courant contraire, dont l’efficacité sur la tenue de la présidentielle elle-même sera nulle, sans que l’on ait une absolue certitude que les Algériens ont accompli un fait historique remarquable. La révolution pacifique ne cessera pas avec la présidentielle. Si les Algériens savent y faire, le rendez-vous électoral servira de test grandeur nature des capacités populaires de mobilisation et d’organisation. Les Algériens peuvent étonner encore une fois le monde, en prenant véritablement en main leur destin, pas en détruisant leur pays, mais en contribuant positivement à la construction de leur démocratie. La prochaine présidentielle est le deuxième acte de la révolution pacifique. Aux Algériens de savoir le réussir.

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