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Les candidats à l’élection présidentielle face à la crise

Comment relancer le pays?

Une enveloppe budgétaire de 1 763 milliards de DA a été allouée aux transferts sociaux.

Tout d’abord, il est important de souligner que la dette extérieure représente entre 1 à 2% du produit intérieur brut (PIB). Les recettes en devises de l’Algérie selon les bilans de Sonatrach ont été de
940 milliards de dollars entre 2000-2018 et présentant selon les statistiques officielles 95% du total nous donnant une entrée de devises pour cette période selon les données du FMI (données que lui fournit la Banque d’Algérie) environ 1000 milliards de dollars .
Le taux de croissance est lié au climat des affaires où l’Algérie, selon le dernier rapport de la Banque mondiale 2019, est classée 157ème sur 190 pays, renvoyant à la mauvaise gouvernance, bureaucratie, corruption, système financier et système socio-éducatif non adapté dans les cinq derniers pour l’innovation. Selon le FMI , le taux de croissance serait de 2,9% en 2019, 2,4% en 2020 et moins de 1% entre 2021-2024 en cas de paralysie de l’appareil productif dont la relance est fonction de profondes réformes structurelles. Car il faudra créer entre 350 000-400 000 emplois par an qui s’ajoutent au taux de chômage actuel nécessitant un taux de croissance de 89% par an sur 5-10 ans pour éviter de vives tensions sociales. Cela a un impact négatif sur le taux de chômage. La population algérienne est de 43 millions d’habitants au 1er janvier 2019, pour une population active d’environ 12,5 millions avec une élévation du niveau de vie de près de 78 ans pour les deux sexes selon le rapport de l’ONU de 2018. L’emploi est dominé par la sphère informelle représentant entre 35-40% de la population active avec une tertiarisation : 60% de l’emploi officiel sont dans le commerce-services peu productifs, 17% dans le Btph, seulement 12-13% dans l’industrie, mais avec la dominance de PMI/PME peu innovantes (80% n’utilisant pas les nouvelles technologies) et l’ensemble reposant sur le plan juridique à plus de 90% sur des unités personnelles ou petites Sarl. Selon le FMI, en raison du ralentissement du taux de croissance, dominé par l’impact de la dépense publique via la rente Sonatrach, en 2018, 11,7% de taux de chômage, en 2019, 12,5%, en 2020 plus de 15% , ce taux ne tenant pas compte des emplois rente notamment dans l’administration, plus de deux millions de fonctionnaires. Quant à l’inflation, le taux officiel est d’environ 4-5% ces dernières années 2017-2019 mais biaisé car d’une part le panier de biens de consommation présidant au calcul de l’indice doit être réactualisé, le besoin étant historiquement daté (nouveaux besoins avec les nouvelles technologies en ce XIème siècle) et d’autre part, les subventions généralisés , celui percevant 100 euros par mois bénéficie des mêmes avantages que celui qui perçoit
1000 euros.
Cette situation économique a des répercussions sur les caisses de retraite, devant tenir compte de la pression démographique souvent oubliée, où il faudra entre 2020-2030 créer plus de 350.000-400.000 emplois par an, qui s’ajoutent au taux de chomage. Pour l’Algérie, la population active est de 12,5 millions sur une population totale de 43 millions d’habitants au 1er janvier 2019 avec une sphère informelle non soumise aux cotisations, n’étant pas affilée à la caisse de sécurité sociale et par ricochet ne payant pas d’impôts, servant de soupape social, représentant hors hydrocarbures plus de 50% de la superficie économique, environ 30-835% de la masse monétaire en circulation (dernières données de la BA, 5000 milliards de dinars, soit environ 43 milliards de dollars et occupant avec des données contradictoires 35-40% de la population active. Le marché du travail alimenté par la dépense publique via la rente des hydrocarbures, montre clairement une économie rentière avec les emplois dominants dans les services/ commerce 60% du total, le Btph 17% , l’industrie moins de 13% avec plus de 2 millions de fonctionnaires et une productivité une des plus faible au niveau de la région Mena, selon l’Ocde, deux fois plus de dépenses monétaires pour avoir deux fois moins d’impacts économiques et sociaux. Fin 2018, nous avons 3,2 millions de retraités et le ratio du nombre de travailleurs cotisants pour un retraité est actuellement à 2-1 alors que la norme pour garantir la viabilité d’un système de retraite est d’au moins 5 actifs cotisants pour un retraité. Il s’ensuit que les recettes de la caisse tournent fin 2018, autour de 700 milliards de dinars soit au cours de 118 dinars un dollar 6 milliards de dollars et une dépense qui a dépassé les 1200 milliards de dinars, soit plus de 10 milliards de dollars.
La proposition de ramener la part des retraites à 60% au lieu de 80% et de prendre en compte dans les calculs non pas les cinq dernières années, mais les 10 dernières années : les hauts fonctionnaires bénéficiant de la retraite de 100% sont-ils concernés ? Qu’en sera-t-il des petites retraites variant entre 20.000-30.000 dinars. Pour le rallongement à 65 ans a-t-on pris en charge les métiers pénibles et ceux qui ont commencé à travailler entre 18-25 ans ? Comme la réforme des retraites renvoient à la politique des subventions qui doivent être ciblées, constituant un revenu indirect. En effet, l’Etat, dans toutes les lois de finances de 2019 et celle de 2020, continue à subventionner les principaux produits de première nécessité, encore que cela est injuste, celui qui perçoit 30.000 dinars/mois, bénéficiant des mêmes subventions que celui dont le revenu dépasse 300.000 dinars, devant aller, comme je le préconise depuis 2008, vers des subventions ciblées budgétisées par le Parlement.
Pour 2019, une enveloppe budgétaire de 1 763 milliards de DA a été allouée aux transferts sociaux (contre 1 760 milliards de DA en 2018), soit près de 21% de la totalité du budget de l’Etat de l’année 2019. Le projet de la loi sur les hydrocarbures doit être relié au niveau de la consommation intérieure qui est passée de 36,4 millions de tonnes en 2008 à 56,7 en 2018 soit une hausse de 36% et prévoyant pour le gaz naturel une consommation d’environ 60 milliards de mètres cubes gazeux, supérieure aux exportations actuelles qui plafonnent entre 50-51 milliards de mètres cubes gaz entre 26% le GNL ET 74% le gaz par canalisation Transmed Italie, la plus grande canalisation plus de 35 milliards de mètres cubes de capacité et Medgaz Espagne, en extension de capacité 8 milliards de mètres cubes gazeux. Pour le pétrole en 2008, nous avons 1,9-2 millions de baril/jour à 1,2 environ en 2018 auquel il faut soustraitre la baisse assez faible 50.000 barils/jour. Les recettes sont essentiellement du cours sur le marché mondial. Quel est le contenu de l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures ? Pour éviter toute mauvaise interprétation, il n’est pas question de privatiser Sonatrach qui reste la propriété de l’Etat à 100%, mais d’aller vers un partenariat gagnant/gagnant, tout en gardant la règle des 51/49%.
L’objectif stratégique passe par la mise en place d’une économie productive dans le cadre des nouvelles valeurs internationales (bonne gouvernance, valorisation du savoir, compétitivité ) en évitant de vivre de l’illusion de la rente éternelle des hydrocarbures et de penser qu’une loi peut résoudre le problème du développement sans une réelle volonté politique de mener à bien les réformes structurelles qui accusent des décennies de retard. Alors qu’il s’agit de revoir toute la politique économique, de lutter contre le gaspillage, la corruption les surcoûts de projets et d’intégrer intelligemment la sphère informelle, afin d’éviter de faire supporter le fardeau aux couches les plus défavorisées et en pénalisant les activités productives. Et vouloir faire voter cette loi dans cette conjoncture actuelle revient à mettre de l’huile sur le feu en aiguisant les tensions sociales alors qu’au cours du débat entre les candidats à l’élection présidentielle, nous avons besoin d’un climat apaisé.
Cette loi doit s’inscrire dans le cadre d’une loi organique de la transition énergétique. Seront combinés à la fois les stratégies de Sonatrach à l’amont et à l’aval, dans le cadre d’un partenariat gagnant/gagnant, les énergies renouvelables, énergie d’avenir pour les besoins locaux et éviter de ne pouvoir exporter à l’horizon 2030, l’efficacité énergétique, la plus grande réserve luttant contre le gaspillage posant la problématique des subventions généralisées et le pétrole/ gaz de schiste (3ème réservoir mondial) à ne pas écarter dans le mix, sous réserve de la protection de l’environnement, de nouvelles techniques opérationnelles horizon 2025 ,qui économiseront 98% d’eau douce et de produits chimiques dans les puits , mais nécessitant un dialogue social avec les populations des régions concernées. Les hydrocarbures procurant 98% des ressources en devises du pays, irriguant toute la société, directement et indirectement, renvoyant à la sécurité nationale, nécessite un dialogue sérieux pas seulement technique mais également politique, appartenant au futur président et à son gouvernement, légitime, soit de la présenter à l’actuel Parlement. Je m’insurge contre des déclarations qui disent qu’il y a urgence de voter immédiatement cette loi, en invoquant les entrées immédiates de devises. Outre qu’une loi n’est jamais rétroactive selon le droit international, ces personnes induisent en erreur l’opinion publique et les décideurs du pays. Même, si cette loi est votée en novembre 2019, avec curieusement la campagne pour l’élection présidentielle, supposant un climat apaisé, l’attrait de l’investissement ne se fera pas avant quatre à cinq années et qui sera fonction du vecteur prix tant du pétrole que du gaz (représentant 33% des recettes de Sonatrach fluctuant, actuellement sur le marché libre entre 2-3 dollars le Mbtu) et du nouveau modèle de consommation énergétique au niveau mondial qui devrait connaitre un profond bouleversement entre 2020-2025-2030.En résumé, dans le contexte politique particulier à l’Algérie qui traverse une très grave crise politique, devant privilégier la stabilité et la sécurité du pays, il est souhaitable , d’ajourner tant l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures que la discussion sur le projet de la réforme des caisses de retraites. Ce sont des dossiers très sensibles, que seul un pouvoir légitime peut mener, avec l’adhésion de la population grâce à une communication transparente.

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