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A chaque coupe d’Afrique sa transition

Lors de son premier sacre en 1990, l’Algérie était en pleine transition démocratique. Elle accroche sa deuxième étoile au moment où elle se trouve au creux d’une crise politique.

Jamais l’Algérie n’a vu une pareille explosion de joie telle que celle de la soirée d’avant-hier, au coup de sifflet final qui a consacré les Fennecs nouveaux champions d’Afrique. Jamais l’Algérie n’a connu une pareille ferveur d’accueil pour son Equipe nationale, même en 2010 à son retour triomphal d’Oumdurman.
Pendant tout un mois, le pays entier respirait au rythme des matchs de la coupe d’Afrique pour culminer avec le sacre. Hier, l’engouement des Algériens était inédit. Ils ont manifesté leur joie avec les tripes, sans retenue jusqu’aux premières heures de la matinée. Une nuit folle suivie d’une journée tout aussi folle. D’inoubliables moments de joie partagés et de communion populaire. Il y a comme un insupportable couvercle étouffant toute expression de joie. La soupape s’est ouverte laissant place à l’explosion sur une boule d’énergie joyeuse comprimée pendant des décennies.
Les pouvoirs successifs ont toujours refusé à la société de vivre dans sa plénitude. Ils devaient tout contrôler, tout dicter et tout régenter quitte à bâillonner tout un peuple. Le seul lieu d’expression libre qui restait à une jeunesse étoffée c’était les stades. Elle en a usé avec inventivité, innovation et intelligence.
Les chants entonnés dans les gradins étaient, pour les dirigeants qui savaient écouter, un vrai indicateur du degré de mécontentement, mais aussi de conscience politique de cette jeunesse pétillante. Qu’on se rappelle de la célèbre chanson La Casa del Mouradia du groupe Ouled el Bahdja. Mise en ligne en avril 2018 et vue des millions de fois, cette chanson, dont le titre fait une double référence à la série La casa de Papel et à la présidence de la République algérienne, était prémonitoire de ce qui allait arriver en Algérie.
Leçons d’une jeunesse que le pouvoir croit, inconsciente, et de surcroît, condamnée à l’immaturité politique.
La chanson est actuellement reprise dans de nombreux stades étrangers dont ceux du Maroc.
Il faut désormais intégrer dans l’équation politique algérienne le sport. Lors de sa première victoire en coupe d’Afrique en 1990, l’Algérie était en pleine transition démocratique. Elle venait de sortir de 30 ans de parti unique pour entamer une ouverture politique et médiatique. Ironie du sort, près de 30 ans plus tard, l’Algérie gagne sa deuxième coupe d’Afrique au moment où elle se trouve en pleine crise politique. Depuis cinq mois, les Algériens manifestent dans la rue exigeant un changement total du système de gouvernance.
Le sport et la politique font donc ménage, mais pas seulement en Algérie. Les grands leaders politiques, les grands Etats sont passionnés de football parce que ce sport, par la simplicité de ses règles, unit les peuples par-delà leurs différences. Les ambassadeurs des grandes chancelleries étrangères comme les Etats-Unis d’Amérique ou de Grande-Bretagne ont partagé la joie des populations en liesse. Finalement, il n’y a pas mieux que le sport-roi pour faire rencontrer des personnes de culture, de rangs et de pays différents.
Seul le foot peut faire vibrer des centaines de millions de personnes en même temps. Plus qu’un sport, le football est la religion du monde par excellence. Une religion laïque par-dessus tout.

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