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Insupportable pression sur le panel de Karim Younès

72 heures de grâce

Pour les plus optimistes, ces mesures d’apaisement tant attendues interviendront dans les toutes prochaines heures.

Parti pour mettre la pression sur le pouvoir en vue de lui arracher des mesures d’apaisement, afin d’entamer son travail dans la sérénité, le panel drivé par Karim Younès a fini par subir lui-même cette pression. Une terrible pression. Signal fort à ceux qui pensaient que le pouvoir en place est suffisamment affaibli et qu’il suffirait d’une légère pichenette pour le voir s’écrouler comme un château de cartes. A mesure que les heures et les jours s’égrènent, le délai de grâce que s’accorde l’équipe de Karim Younès se réduit comme une peau de chagrin.
A 72 heures de la marche du 24e vendredi de protestations que s’apprête à organiser le Mouvement populaire, on ne voit rien venir des préalables soumis par le panel au chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah. Celui-ci a posé une série de conditions dont la libération de tous les détenus du Hirak, le respect du caractère pacifique des manifestations par les forces de l’ordre, la cessation des actes de violence à l’encontre des manifestants pacifiques, l’allègement du dispositif policier, notamment dans la capitale, la libération du champ médiatique et enfin l’appel unanime au départ du gouvernement en place et son remplacement par un gouvernement formé de technocrates non partisans.
Avant même d’entamer son travail, Karim Younès est contraint de recourir aux sous-entendus pour se faire entendre et rappeler au chef de l’Etat ses engagements. «Si les engagements pris par la Présidence ne connaissent pas un début d’exécution, le panel se réunira et examinera l’éventualité de la suspension de ses travaux et pourrait même aller jusqu’à son auto-dissolution», a affirmé, hier, sur les colonnes du confrère El Watan, Karim Younès, qui a tenu les mêmes propos au lendemain de l’installation de son «équipe».
A-t-il raison de contre-attaquer ? La réponse est évidemment oui, car la satisfaction des préalables posés par le panel est d’une importance capitale pour la suite des événements. Elle est tout aussi importante pour donner un gage de crédibilité à ces personnes qui ont pris la tâche à bras-le-corps.
On a vu les torrents d’attaques et les salves de critiques qu’elles ont subis au lendemain de leur installation. Pourquoi les abandonner au milieu du gué alors qu’il y a réellement une chance d’éviter le chaos. «Le dénouement ou le chaos ?», a laissé entendre l’ancien Premier ministre, Mouloud Hamrouche. «Le mouvement unitaire et pacifique du peuple a, depuis le 22 février dernier, neutralisé, momentanément, une série de facteurs de déstabilisation et stoppé d’imminentes menaces. Ces menaces n’ont pas disparu pour autant et sont toujours en gestation», a averti Hamrouche, dans un communiqué où il a décliné l’invitation à rejoindre le groupe de travail. Il n’est pas le seul d’ailleurs, à refuser l’offre.
L’heure est grave et nous en sommes arrivés à une situation intenable. Les tenants d’une politique sans issue, à force de multiplier les manœuvres et les embûches finissent par polariser l’attention sur de fausses épreuves. Et l’on épuise à déjouer les complots, l’énergie qui serait nécessaire pour résoudre les problèmes.
La menace à peine voilée de Karim Younès doit interpeller les décideurs politiques. Imaginons un instant que ce panel, ne voyant pas venir les mesures d’apaisement va s’auto-dissoudre. Un désastre politique et les portes seront grandes ouvertes aux lendemains incertains. Cela nous conduira à un cumul de ratages sans précédent dans l’histoire du pays.
En l’espace de quelques mois, l’Algérie aura annulé ou reporté deux élections présidentielles, avorté l’offre de dialogue des démocrates, des forces de changement et raté toutes les opportunités de sortie de crise. A force de contourner les faux obstacles on s’éloigne des vrais objectifs. Il peut arriver un temps où les trublions et les irréductibles seront enfin découragés, mais où la partie sera devenue indéfendable. Multipliant les déclarations, Karim Younès alterne dans ses interventions le ton dur et la pédagogie. Il veut d’une part secouer l’immobilisme des décideurs et de l’autre expliquer que le véritable but de son panel n’est pas de mortifier l’adversaire, mais de construire les institutions de la nouvelle République. Pour les plus optimistes, ces mesures d’apaisement tant attendues interviendront dans les toutes prochaines heures.

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