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Talibans et hauts responsables afghans à Doha

Une feuille de route pour la paix

Tout accord de paix avec les talibans repose sur quatre piliers: un cessez-le-feu permanent, le retrait des forces américaines, l’assurance que l’Afghanistan ne servira pas de sanctuaire à des groupes insurgés et un dialogue inter-afghan.

Les talibans et divers hauts responsables afghans ont conclu lundi soir leur dialogue politique à Doha en s’engageant à établir une «feuille de route pour la paix» en Afghanistan. Convenant de faire baisser la violence dans le pays, les participants ont publié un communiqué commun dans lequel ils s’engagent à tracer une «feuille de route pour la paix», fondée sur l’ouverture d’un processus de paix contrôlé, le retour des personnes déplacées à l’intérieur du pays et la non-ingérence des puissances régionales en Afghanistan. Le texte prévoit aussi de «garantir les droits des femmes dans les domaines politique, social, économique, d’éducation et de culture, conformément au cadre islamique des valeurs islamiques.
La déclaration de 700 mots, saluée par les applaudissements des participants vers 21h00 GMT, a été lue en langue pachtoune par Amir Khan Mutaqi, ancien ministre du régime des talibans (1996-2001), et en dari par Habiba Sarabi, vice-présidente du Haut conseil afghan pour la paix, créé par l’ancien président afghan Hamid Karzai. Cette rencontre, coorganisée par l’Allemagne et le Qatar, a eu lieu au moment où les Etats-Unis cherchent à se désengager, après 18 ans d’intervention militaire, soit la plus longue guerre de leur histoire. Quelque 70 délégués afghans étaient présents à Doha: outre les talibans, des membres du gouvernement et des élites politiques, dont des opposants, des représentants de la société civile et des médias ainsi que des femmes.
L’envoyé spécial du Qatar pour l’antiterrorisme, Mutlaq al-Qahtani, avait précédemment fait état de «progrès» réalisés par chaque partie.»Nous sommes franchement surpris du sérieux des deux camps et de leur engagement à mettre un terme à ce conflit», avait-il déclaré. Le secrétaire d’état américain Mike Pompeo s’était réjoui dimanche de la tenue de ce dialogue et a loué «le gouvernement (afghan), la société civile, les femmes et les talibans» pour leur participation. Washington met les bouchées doubles afin d’arracher un accord politique avec les talibans avant l’élection présidentielle afghane, prévue le 28 septembre, et afin d’ouvrir la voie à un retrait des troupes américaines.
Pour les coorganisateurs qataris, l’objectif des discussions était de tracer «une feuille de route pour l’avenir de l’Afghanistan». Il s’agissait de la troisième réunion du genre après deux rencontres à Moscou en février puis en mai. Les entretiens interafghans se déroulaient sans la participation directe des états-Unis ni la présence officielle de représentants du gouvernement de Kaboul. Les talibans refusent en effet de négocier avec le président afghan Ashraf Ghani. Peu d’informations avaient filtré de la première journée d’entretiens mais selon une déléguée, Asila Wardak, membre du Haut conseil pour la paix (HPC), une instance de réconciliation afghane, «tout le monde insiste sur un cessez-le-feu». Tout accord de paix avec les talibans repose sur quatre piliers: un cessez-le-feu permanent, le retrait des forces américaines, l’assurance que l’Afghanistan ne servira pas de sanctuaire à des groupes insurgés et un dialogue interafghan. Selon la déléguée du HPC, Asila Wardak, les talibans ont discuté «du rôle des femmes, de développement économique et du rôle des minorités» dans tout règlement du conflit. La rencontre interafghane est intervenue après un dernier round de négociations directes entre Américains et talibans, à Doha, «le plus productif» à ce jour, selon M. Khalilzad. Le porte-parole politique des talibans à Doha, Suhail Shaheen, s’est dit également «heureux des progrès» accomplis. Les discussions bilatérales entre Américains et talibans ont repris hier après une pause de deux jours. Sur le terrain, les talibans, qui se considèrent en position de force, poursuivent leurs opérations. Un attentat suicide revendiqué par eux a fait au moins 12 morts et plus de 150 blessés, dont des dizaines d’enfants, dimanche à Ghazni, à l’est de l’Afghanistan.

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