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L’ARP balkanisée au lendemain des législatives tunisiennes

Un silence pesant plombe la présidentielle

Si les deux partis revendiquent, non la victoire, mais d’être en tête, aucun n’a la majorité. Il faut 109 députés pour composer un gouvernement. Et les sondages confirment un paysage parlementaire morcelé.

Scénario jamais vu auparavant, la campagne électorale du 2e tour de la présidentielle en Tunisie se déroule… en silence. Les deux candidats Kaïs Saïed et Nabil Karoui sont aux abonnés absents, celui-ci parce qu’il a été muselé avec une incarcération dont tout indique qu’elle est d’abord et surtout politique et l’autre parce qu’il a compris que les électeurs comprendraient mal une présence médiatique unilatérale. Aux nuages qui s’amoncellent sur le déroulement du scrutin du dimanche 13 octobre s’ajoutent les incertitudes d’un scrutin législatif qui, dimanche dernier, a atomisé la plupart des formations politiques, mettant face à face le parti islamiste de Rached Ghannouchi, Ennahdha, et celui de Nabil Karoui, Qalb Tounes. Ce dernier talonne avec 33 sièges Ennahdha qui, avec 40 sièges, compte bien constituer le prochain gouvernement et même contrôler l’Assemblée des Représentants du peuple ( ARP ). Les deux partis revendiquent, à défaut de la victoire, le fait d’être en tête, étant donné que les résultats définitifs validés par l’Instance supérieure indépendante des élections ne seront connus que demain soir, au mieux. Mais aucun ne peut prétendre à la majorité qui requiert 109 sièges afin de diriger sereinement le futur gouvernement. Ennahdha a perdu 20 points par rapport à la Constituante de 2011, avec ses 17,6%. Son candidat à la Kasbah devra travailler dur pour réunir cette majorité indispensable de 109 voix, une hypothèse dont la complexité se révèle dramatique. Il semble, sous toutes réserves, que la partition sera plus aisée pour Nabil Karoui qui peut tenter de rassembler les voix des centristes et des progressistes. Car Abir Moussi et son parti le PDL ( parti Destourien Libre ) aura un bloc de 8 députés, malgré ses 4% de suffrages et, comme elle, le Courant de la dignité de Seifedine Makhlouf, mix de révolution et de conservatisme, pourrait s’aligner également.
Car si les deux partis revendiquent, non la victoire, mais d’être en tête, aucun n’a la majorité. Il faut 109 députés pour composer un gouvernement. Et les sondages confirment un paysage parlementaire morcelé. Les islamistes perdent vingt points par rapport à l’élection constituante de 2011 : 17,6 %. En parvenant en tête, ils seront chargés de proposer un chef du gouvernement, à charge pour lui de composer une équipe et d’obtenir la majorité requise : 109 voix. Les résultats de ce soir rendent complexe, voire hypothétique, la mise sur pied d’une majorité, sinon d’une coalition viable.
Une chose est sûre : exit Nidaa Tounes, parti qui avait remporté les deux scrutins de 2014 (Parlement pour Mohamed Ennaceur et présidence pour Béji Caïd Essebsi), et désormais en voie de disparition. Quant au parti du chef du gouvernement en place, Youssef Chahed, il obtiendrait 16 députés, un nombre insuffisant pour rallier à lui suffisamment de forces adverses en sachant qu’il a fermé la porte, avant même la présidentielle, à toute alliance avec Ennahdha qui lui a permis, durant les deux années écoulées, de demeurer en place, malgré les coups de boutoir de Nidaa Tounes. C’est dans ce contexte d’incertitude totale qu’un communiqué du Mouvement des Jeunes de Tunisie est tombé lundi pour appeler ses mem-bres à interrompre tout soutien au candidat à la présidentielle Kaïs Saïed. Le mouvement affirme, désormais, que c’est grâce aux milliers de jeunes mobilisés par son action que Kaïs Saïed a gagné le 1er tour de la présidentielle, avec plus de 600 000 voix. Et si sa campagne n’a pas coûté « un sou », c’est bien en vertu de sa mobilisation et des contributions qu’il a drainées, sans compter les 10 000 signatures dont il serait l’artisan. Cette révolte serait motivée par le fait que le candidat aurait été « récupéré » par des partis politiques, affirme le Mouvement qui lui reproche en outre d’avoir changé son numéro de téléphone dès le lendemain de son élection au 2ème tour et avertit qu’un plan numérique est en place pour l’écarter le 13 octobre. En somme, tel est pris qui croyait prendre.

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