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La Russie pourrait être l’invité surprise du sommet

Trump va bousculer à nouveau ses alliés du G7

Sans attendre d’arriver dans la station balnéaire, Donald Trump a mis les pieds dans le plat, réaffirmant mardi « être favorable à un retour au G8, avec la réintégration de la Russie », écartée en 2014, pour l’annexion de la Crimée. «C’est bien plus sensé d’avoir la Russie», a-t-il plaidé.

Ses meilleurs alliés doivent-ils à nouveau s’attendre au pire? Donald Trump pourrait encore jouer les trouble-fêtes ce week-end au sommet du G7 de Biarritz, en France, tant les sujets de discorde se multiplient entre les Etats-Unis et les autres pays riches. Les chefs d’Etat et de gouvernement des sept pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) étaient habitués à de paisibles retrouvailles annuelles entre amis au sein de ce qu’ils surnomment parfois le «club des démocraties» — suurtout depuis que la Russie de Vladimir Poutine n’y est plus conviée. Mais ça, c’était avant Donald Trump et son interprétation toute personnelle des relations internationales. Après un constat de désaccord en 2017 en Italie sur le réchauffement climatique, le G7 au Québec avait été l’an dernier le théâtre de déchirements inédits. Le président des Etats-Unis avait chamboulé la scénographie d’ordinaire millimétrée de ces grands raouts internationaux, traité le Premier ministre canadien Justin Trudeau de «malhonnête» sur fond de tensions commerciales, et refusé de signer la déclaration commune du sommet. Sur la côte atlantique française, il risque à nouveau d’être comme «l’éléphant dans un magasin de porcelaine», prévient Robert Guttman, de la Johns Hopkins University. «Trump ne vient pas en tant qu’homme d’Etat, mais en tant qu’homme politique qui se bat pour être réélu» en novembre 2020 et qui ne s’adresse qu’à «sa base», ajoute-t-il. Son slogan, «America First», ou «l’Amérique d’abord», risque de mal s’accommoder du thème choisi par le président français Emmanuel Macron pour ce G7, à savoir la lutte contre les inégalités dans le monde. Sans parler du climat, également à l’ordre du jour, mais sur lequel les autres pays membres ont pris acte du fossé insurmontable qui les sépare du milliardaire républicain. D’ailleurs, tout a été fait pour prévenir un «clash».
Sans attendre d’arriver dans la station balnéaire, Donald Trump a mis les pieds dans le plat en réaffirmant mardi « être favorable à un retour au G8, avec la réintégration de la Russie » qui avait été écartée de ce groupe en 2014 après l’annexion de la Crimée. «C’est bien plus sensé d’avoir la Russie», a-t-il plaidé. De nombreux différends opposent en outre l’hôte du sommet et le locataire de la Maison-Blanche, qui aimaient à leurs débuts afficher leur entente. Donald Trump a dénoncé fin juillet la «stupidité de Macron» au sujet de la taxe française sur les géants américains du numérique, et menacé en retour de s’attaquer à un trésor tricolore, le vin, via une hausse des droits de douane. Le président français espère déminer ce conflit. Emmanuel Macron souhaite aussi obtenir un geste du président américain sur l’Iran. Si Donald Trump veut un nouvel accord avec Téhéran, il faut que l’administration américaine marque une pause dans ses sanctions en acceptant par exemple des dérogations permettant à Téhéran d’exporter un peu de son pétrole. Mais là aussi, les tentatives de médiation françaises semblent avoir été douchées à l’avance par un tweet assassin. «Personne ne parle pour les Etats-Unis à part les Etats-Unis eux-mêmes», a mis en garde Donald Trump, accusant son homologue français de contribuer à brouiller le message américain auprès de l’Iran. Le président américain devrait avoir au moins un allié autour de la table en la personne du nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson, qui a besoin du soutien américain dans la perspective d’une sortie sans accord de l’Union européenne.

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