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Violences des bandes armées et terrorisme en région subsaharienne

La menace atteint un degré préoccupant

Les deux pays sont convaincus que, sans des efforts communs, à l’instar de ce qui se fait avec le Tchad et le Cameroun, ils devront de plus en plus compter sur les exactions du groupe Boko Haram dont les attaques récurrentes traduisent le dessein d’une implantation progressive.

Voici une semaine, quatre gouverneurs des Etats voisins du Niger et du Nigeria ont tenu une importante rencontre dans la ville de Maradi (sud-est nigérien) pour tenter d’ausculter la donne sécuritaire, devenue d’autant plus préoccupante que les attaques des bandes armées qui opèrent le long de la frontière commune se sont nettement multipliées au cours de ces derniers mois. Il faut dire que la menace terroriste a pris une telle ampleur qu’elle a déteint fortement sur les différends ethniques, mettant en péril le fragile équilibre entre les communautés dans presque toute la région sub saharienne. «Les gouverneurs ont procédé à l’examen de la situation sécuritaire de la zone transfrontalière entre la région de Maradi au Niger et les Etats fédérés de Katsina, Sokoto et Zamfara au Nigeria», a ainsi précisé le communiqué final, publié au terme des entretiens qui ont conduit les gouverneurs participants à appeler «à une intensification des efforts pour contrecarrer» les actions des groupes par «un contrôle de sécurité renforcé». Selon le communiqué, les gouverneurs ont mis l’accent sur «la prolifération des armes, des munitions, de la drogue» dans cette large frange de territoires où le terrorisme a creusé son nid, à l’instar de ce qui est advenu du côté du Burkina Faso.
La mise en garde exprimée par Zakari Oumarou, gouverneur de Maradi (Niger) et ses homologues des trois Etats fédérés du Nigeria, Bello Muhamad (Zamfara), Aminou Bello Massari (Katsina) et Aminou Waziri Tambuwal (Sokoto) sera-t-elle entendue comme l’espèrent ses auteurs ? On peut l’imaginer puisqu’il y avait à leur côté plusieurs responsables des Forces de défense et de sécurité des deux pays dont on imagine sans peine qu’ils avaient la pleine mesure de la situation. En 2018, sous les coups assénés à de multiples reprises par les groupes extrémistes et les bandes armés, le Niger avait procédé à un renforcement accru de la surveillance de sa frontière avec le Nigeria, les violences commises ayant fait fuir des milliers de ressortissants nigérians en direction de Maradi. Les réfugiés ont d’ailleurs été estimés à plus de 35 000 par le Premier ministre nigérien, Brigi Rafini.
Niamey a constaté que les bandes armées se livrent à de multiples trafics, notamment les enlèvements avec demande de rançons et les razzias suivies de l’acheminement des troupeaux vers le Nigeria. En six mois, selon un bilan du gouverneur de Maradi, il y a eu pour cette seule circonscription territoriale 31 personnes tuées et 34 blessées dans 81 attaques de «bandits armés». 92 autres personnes ont été enlevées et 3.036 têtes de bétail volées par les assaillants. Certaines personnes kidnappées ont été relâchées après versement d’une rançon et d’autres ont été libérées à la faveur d’opérations militaires, d’après une source sécuritaire nigérienne. A la fin de l’année précédente, cinq militaires nigériens et cinq autres nigérians – ont péri pendant une opération conjointe, dans cette zone frontalière. «Onze bandits» ont cependant été neutralisés lors de cette même opération, indique l’armée du Niger.
Les deux pays sont convaincus que, sans des efforts communs, à l’instar de ce qui se fait avec le Tchad et le Cameroun, ils devront de plus en plus compter sur les exactions du groupe Boko Haram dont les attaques récurrentes traduisent le dessein d’une implantation progressive au niveau de leur zone du Sud-est et du Nord-est, avant une éventuelle pénétration vers des zones sahéliennes de plus en plus proches de la sous-région maghrébine. Autant dire que le danger à nos frontières devient de plus en plus préoccupant.

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