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Conférence de Berlin sur la Libye

En un combat douteux

L’Union européenne a programmé une importante réunion, lundi 11 novembre, sur la situation en Libye, avec, en toile de fond, des divergences de vue profondes entre certains de ses membres concernant la conférence de Berlin. Celle-ci devait se tenir fin octobre mais elle a du être reportée à fin novembre, et selon certaines sources peut-être même à fin décembre, à cause des divergences de vue, principalement entre l’Italie, d’un côté, l’Allemagne et la France, de l’autre, sachant que Rome « regrette » la mise à l’écart, lors de cette conférence, de l’Algérie et de la Tunisie, membres essentiels du groupe des pays voisins mandaté par l’Unité africaine et appuyé par la Ligue arabe. Fin octobre, le ministre des AE allemand Heiko Mass était au Caire pour un entretien avec son homologue égyptien Sameh Chokri, à ce sujet, et les deux diplomates ont convenu de conjuguer leurs efforts pour parvenir à la tenue de la conférence, selon les objectifs arrêtés, à savoir la présence des parties libyennes et celle des pays européens « concernés » ainsi que des pays du Golfe, impliqués militairement et financièrement dans le conflit, avec, à leur côté, l’incontournable partenaire égyptien dont Heiko Mass a souhaité le « soutien décisif » à l’initiative allemande. Mass n’a pas tari d’éloges sur le rôle central de l’Egypte dans la région Mena et sa capacité à assurer à la conférence de Berlin le succès escompté, à savoir la restauration de la stabilité libyenne et des institutions afin que Tripoli retrouve son statut d’Etat influent sur la rive sud de la Méditerranée. Sameh Chokri est allé dans le même sens, affirmant que l’Egypte œuvre à garantir l’unité et la souveraineté de la Libye et qu’à ce titre, elle soutient sans réserve la conférence de Berlin. A noter que, mardi dernier, Sameh Chokri a eu une série d’entretiens téléphoniques avec le conseiller de la sécurité nationale allemande, Ian Haiker, au sujet des derniers développements de la crise libyenne et des répercussions sur les pays voisins.
Or des sources crédibles font état de la réserve prudente du général à la retraite Khalifa Haftar pour cette rencontre, les autorités de l’Est non reconnues par la communauté internationale considérant, avec lui, que la solution ne saurait être autre que militaire. Haftar s’est dit favorable, en septembre dernier, au dialogue mais son état-major a vite remis les pendules à l’heure de la solution militaire. Quant à l’autre partie, celle du gouvernement d’union nationale ( GNA ) reconnu par la communauté internationale et présidé par Fayez al Serraj, elle ne s’est pas exprimée sur la question, laissant le soin à la mission onusienne en Libye ( Manul ) et à son chef Ghassan Salamé de tirer des plans sur la comète. Et pour cause, al Serraj a clairement appelé, dans son intervention devant la 74ème AG de l’ONU, à traduire Khalifa Haftar devant la CPI comme criminel de guerre, malgré tous les soutiens que lui apportent les Emirats, les Etats du Golfe, l’Egypte, la France et quelques autres parties plus ou moins impliquées. Cet indice montre à quel point le fossé s’est creusé davantage entre les deux principaux protagonistes du conflit, sans oublier les divergences entre les tribus et les rôles compliquées des milices dont les plus importantes combattent l’armée nationale libyenne autoproclamée de Haftar au nom du GNA. Les conférences de Paris et de Rome, avant celle de Berlin, avaient paru aboutir à un semblant de réconciliation mais on sait ce qu’il en est rapidement advenu. L’UE compte sur la réunion de mardi prochain pour contribuer, d’une part, au cessez-le-feu entre les belligérants aux portes de Tripoli et, d’autre part, à la reprise des discussions politiques pour une sortie de crise fondée sur la feuille de route du médiateur onusien Ghassan Salamé. Les ministres européens, dans le cadre du Conseil des Affaires étrangères, auront-ils cette posture commune à l’ensemble des pays membres ? Voire. On ne peut que se féliciter de cet objectif louable mais la réalité du conflit est tout autre, auquel cas le résultat paraît aléatoire, dès lors que les principaux partenaires de la Libye, depuis le début de la crise en 2011, sont et demeurent l’Algérie et la Tunisie dont les efforts n’ont jamais cessé pour tenter d’obtenir un dialogue inclusif pour une solution politique consensuelle entre toutes les parties concernées. Si la conférence de Berlin parvient à réaliser ce miracle, on ne pourra que s’en féliciter. 

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