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Un imbroglio tunisien

La Tunisie vit à l’heure des préparatifs du deuxième tour de l’élection présidentielle, au moment où l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali s’est éteint dans une discrétion et un silence des plus austères. Rares sont les hommages qui lui ont été publiquement destinés, si rares d’ailleurs que celui du président du Mouvement démocratique, Ahmed Néjib Chebbi, mérite d’être relevé. Dans un post Facebook paru hier, il affirme que l’histoire « rendra justice ( au défunt ) quand la haine et l’intolérance laisseront place à la raison et à la patrie». Opposant notoire au régime de Ben Ali en tant que militant des droits de l’homme, il avait critiqué le système politique en vigueur, entre autres griefs, mais il se trouve « incapable, aujourd’hui, de nier toutes les réalisations de l’ancien président de la République défunt dans tous les domaines». Il semblerait que Ahmed Néjib Chebbi ait dit tout haut ce que bon nombre de politiciens tunisiens pensent tout bas, révolution oblige. Préoccupation majeure, un débat télévisé devrait normalement opposer les deux candidats Kaïs Saïed, porté par Ennahdha qui a trouvé son «oiseau rare», et Nabil Karoui, ennnobli par l’action humanitaire en direction des couches défavorisées, retransmise sur sa chaine Nessma Tv. Un membre de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica), Hichem Snoussi, a révélé qu’il n’y aura pas de débat au second tour, mais la Télévision tunisienne vient tout juste de dire le contraire, affirmant que la Haica a accepté sa demande d’autoriser le candidat Nabil Karoui à des enregistrements afin de participer à ce débat, faute d’une présence réelle dans ses studios ou d’une retransmission directe depuis la prison d’El Mornaguia. Forte de cette autorisation de la Haica, la Télévision tunisienne a adressé une correspondance au ministère de la Justice, à la direction générale des prisons et de la rééducation, au juge d’instruction chargé de l’affaire ainsi qu’au procureur général près la cour d’appel de Tunis. Et, tout en empruntant le parcours administratif et judiciaire nécessaire, elle charge son avocat d’œuvrer à «une accélération» des procédures. Cet imbroglio sans précédent fait du cas tunisien un exemple à méditer. Car, ces échanges à fleurets mouchetés entre la Haica et la Télévision nationale, sous l’œil impassible du juge d’instruction qui a déjà rejeté la demande de ladite instance et celle des avocats de Karoui pour une remise en liberté «électorale», montrent que la démocratie du jasmin n’est pas encore à l’abri d’un coup de vent extrémiste.

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