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Sarkozy et le doute raisonnable

Le feuilleton Sarkozy n'est pas près de connaître son épilogue. L'ancien président français qui a conduit la campagne de l'Otan en Libye, contre le régime de Maamar El Gueddhafi, en 2011, se voit rattrapé par les relents de cette aventure. Il vient, en effet, d'être inculpé pour «association de malfaiteurs», dans l'affaire des financements occultes de sa campagne pour la présidentielle de 2007. Une affaire qui est encore loin d'avoir révélé tous ses secrets, même si certains de ses plus proches collaborateurs, comme Thierry Gaubert et Claude Guéant, en ont fait les frais. Guéant a été condamné, le 13 novembre 2015, par le tribunal correctionnel de Paris pour «complicité de détournement de fonds publics et recel» à deux ans de prison avec sursis, 75 000 euros d'amende et cinq ans d'interdiction d'exercer toute fonction publique. Révélée par le site Mediapart, en 2012, en écho aux déclarations de Seif el Islam Gueddhafi, cette affaire à rebondissements est devenue un véritable cauchemar pour l'ancien président qui voit l'étau judiciaire se resserrer, au fur et à mesure que de nouvelles «preuves» tombent, comme ce rapport de synthèse de la gendarmerie qui avait accrédité l'authenticité du document officiel libyen divulgué par le site de Edwy Plenel.
Ayant appris «cette nouvelle mise en examen, avec la plus grande stupéfaction», Sarkozy dénonce une «nouvelle étape dans la longue liste des injustices» commises envers lui. De fait, elle vient aggraver sa situation judiciaire, après les inculpations relatives aux écoutes et aux dépenses excessives pour la présidentielle de 2012. Vieille de plus de huit ans, désormais, elle confirme, surtout, la lente, mais inexorable, avancée de la machine judiciaire qui, en septembre dernier, avait rejeté son recours auprès de la Cour d'appel de Paris. On se souvient que l'ancien Premier ministre libyen, Baghdadi al Mahmoudi, avait confirmé à ses avocats tunisiens, en 2013, l'exactitude des faits énoncés par Seif el Islam, même si un avocat français est venu, ensuite, les démentir. Puis, ce fut au tour de l'homme d'affaires franco-libanais, Ziad Takieddine, d'enfoncer le clou, assurant qu'il détenait des «preuves» sur les valises d'argent qu'il apportait, en mains propres, si on peut dire, à Claude Guéant, alors directeur de cabinet de Sarkozy. Le Canard Enchaïné est venu, ensuite, apporter son grain à moudre, avec l'information sur le versement de 500 000 euros, depuis l'étranger, au profit de Claude Guéant. Bref, la Justice française a, largement, de quoi nourrir des doutes raisonnables, standard de preuve le plus élevé, et Nicolas Sarkozy aura beau jurer, par tous les saints, qu'il est victime d'une cabale, l'ombre de la Libye va le poursuivre, pas à pas.

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