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L’époque des copains et des coquins

C’était l’une des revendications majeures des manifestants, depuis les premières lueurs du Hirak. La lutte contre la corruption a été engagée, séance tenante, par le pouvoir. Le commandement de l’armée y a contribué activement, dés lors que le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, a indiqué sa détermination à traduire en justice toutes les personnes concernées par le pillage des ressources du pays. D’aucuns tentent, bien évidemment, de disculper les mis en cause, mettant en doute des procédures « lancées pour l’exemple » et parlant même, dans certains cas, de chasses aux sorcières ou de règlements de comptes. Voire. Depuis de nombreuses années, la rue bruissait de rumeurs plus ou moins justifiées sur les patrimoines indus de tel ou tel responsable, les coteries naissantes, à l’aune des investissements massifs et des prébendes généreusement distribués, entre copains et coquins. Quel que soit le scepticisme de nombreux observateurs, habitués à voir une manipulation, là où les choses semblent pourtant limpides, on ne peut contester le fait que les années Bouteflika, surtout au cours du quatrième mandat, ont été marquées par un approfondissement outrancier des liens entre les affairistes de tout poil, les responsables des organismes publics et ceux des arcanes du pouvoir. Ces liens ont même fini par dépasser le cadre étroit des combines financières pour s’enraciner dans des rapports familiaux, à coups de mariages judicieusement opérés pour accroître le capital.
Il ne faut donc pas s’étonner si des hommes d’affaires, nés de ce conglomérat politico-économique, puissent agiter la menace d’un débrayage social dans leur entreprise, se livrant à un chantage à peine croyable envers la justice du pays et ses institutions. Hier, c’était le cas de Rebrab dont des milliers d’employés réclamaient la mise en liberté immédiate. Aujourd’hui, ceux de Tahkout suivent l’exemple, quitte à prendre en otage un million d’étudiants, pour faire fléchir le pouvoir. Dans les deux situations, le mot d’ordre est identique : il s’agit de défendre des dizaines de milliers d’emploi, hypothéqués par l’incarcération du patron. Comme si l’Etat est incapable de faire face aux exigences induites par ces évènements. Mais c’est là peine perdue car la lutte contre la corruption qui a gangréné toutes les strates de l’administration et du pouvoir, durant deux décennies, est une des exigences fondamentales du peuple algérien qui est en droit de demander des comptes à tous ceux dont les fortunes ont été bâties à son détriment. Et, pour cela, il faudra bien que justice se fasse, en toute transparence et sans la moindre concession.

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