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Redondances
21 Août 2008
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Le Ramadhan, c’est demain! C’est-à-dire dans moins de dix jours. Or, comme l’année d’avant et comme l’année qui l’a précédée, les autorités concernées - arc-boutées sur des certitudes loin d’être partagées par les citoyens - se veulent encore une fois rassurantes à la veille d’un mois sacré aussi incertain que l’ont été ses précédents. Mais c’est là, une redondance que les pouvoirs publics clament en toutes circonstances, singulièrement durant le Ramadhan, alors que sur le terrain, la réalité est tout autre. De leur tour d’ivoire, les ministres ne voient pas ou plutôt ne veulent ou ne peuvent voir la détresse des pauvres gens, quand des ménagères, après avoir fait le tour des marchés, rebroussent chemin pour rejoindre leur logis avec un couffin vide. Cela se passe dans l’Algérie de 2008, alors que l’on ne cesse de nous égrener les chiffres des réserves en devises qui donnent le tournis et jamais atteints, de mémoire d’homme, par l’Algérie. Pour créer ce paradoxe: l’Algérie est un pays riche. Les Algériens sont des citoyens pauvres et deviennent, chaque année, un peu plus nécessiteux. Comment expliquer ce phénomène? Et ce n’est pas uniquement la spéculation, qui joue, certes, sur les prix à l’avènement de périodes spécifiques comme celle du Ramadhan - où l’occasion est propice pour engranger de l’argent sans trop d’efforts. pourtant cela n’est pas propre à la seule Algérie - mais la manière - même avec laquelle les pouvoirs publics gèrent le quotidien des citoyens et veillent à ce que les déficits en produits de consommation soient l’exception et non la règle. Or, c’est le contraire qui est vrai. Quand ces carences dans la production s’étalent tout au long de l’année pour s’aggraver durant la période du jeûne, les mots qui rassurent n’ont plus de sens et à la limite constituent du mépris pour l’intelligence des Algériens. Gouverner, c’est prévoir, et le cycle du Ramadhan est connu des mois à l’avance, pour donner aux pouvoirs publics, d’agir pour ne plus faire du mois sacré un mois de calvaire mais celui de la convivialité Or, chaque Ramadhan, c’est le même leitmotiv, les Algériens revivent des problèmes analogues que l’Algérie aurait dû résoudre et dépasser depuis des lustres. Il faut bien que les gouvernants sortent enfin de la satisfaction ronronnante qu’ils affichent en toute circonstance alors que le pays connaît maints problèmes et manques qui n’auraient pas dû exister. Or, l’Algérie continue de souffrir d’insuffisances cruciales en agriculture et en produits de première nécessité. Situation qui perdure d’une année à l’autre, sans que lui soit trouvée une solution définitive alors que les autorités recourent à des palliatifs qui, sans doute, peuvent avoir des effets sur le court terme, mais restent infructueux à la longue, laissant le problème entier. En guise de quoi, le ministère du Commerce s’appesantit plus sur le commerce informel de la zlabia que de se pencher sérieusement sur un approvisionnement conséquent des marchés en attendant que nous parvenions à l’autosuffisance. On pouvait dès lors, s’attendre à ce que les marchés des fruits et légumes, les commerces, les boucheries soient «noyés» de ces produits de première nécessité afin, d’une part, de couper court à la spéculation, d’autre part, permettre aux moins nantis de nos compatriotes de passer un Ramadhan décent sans devoir recourir à la solidarité nationale pour faire face au jeûne. N’est-ce pas là, la mission prioritaire des gouvernants?

N. KRIM

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