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Médiocrité criminelle
21 Juillet 2008 Lu 370 fois
Nous savons tous que la négligence et le bricolage sont des composantes de la médiocrité. De cette médiocrité dont nous souffrons depuis des décennies. Après avoir retardé notre développement pour ne pas dire nous avoir fait régresser, cette médiocrité s’est, au fil du temps, alliée à la cupidité. Elle a donc «progressé» faute d’avoir été combattue. Comme tout mal qu’on ne soigne pas, la médiocrité tue aujourd’hui. On a pu le constater lors du procès dit «du séisme de Boumerdès». Plus précisément des différents responsables de la construction des bâtisses qui, en s’écroulant, faisant des centaines de victimes, ont mis à nu toutes les anomalies et la non-conformité aux normes qui ont prévalu lors de leur réalisation. Aujourd’hui, cette même médiocrité récidive et vient encore de tuer. Trois citoyens dont deux frères en sont morts jeudi dernier en plein centre de la capitale. Officiellement, ils ont été électrocutés. Comment? Pour avoir été dehors sous une pluie battante, sur une chaussée inondée d’eau et chargée d’électricité. Comme l’eau est un conducteur d’électricité, il n’est pas toujours facile de détecter immédiatement la source. Deux entreprises, l’une publique, l’autre privée, se rejettent la balle. Savoir laquelle des deux est réellement responsable n’est ni notre but ni de notre ressort. Par contre, il est clair que cette affaire ne doit en aucun cas passer pour un banal fait divers. Il est temps de faire le procès de la médiocrité et de toutes ses composantes. Il est temps de sévir. D’affirmer l’autorité de l’Etat. D’assurer la protection des citoyens que nous sommes. Il faut en finir avec les semblants de sanctions que sont les amendes ou les peines de principe. Il s’agit de vies humaines. Au train où vont les choses, nous ne savons plus si nous sommes en sécurité dans nos logements ni sur les trottoirs une fois dehors. Il n’est pas exagéré d’accuser l’Etat de complicité ou de non-assistance à personne en danger si les sanctions continuent à être de pure forme. Oui! Une enquête doit être ouverte pour l’accident de la rue Hassiba Ben Bouali. Une vraie enquête. Pas de celles qui sont décidées pour l’oubli et l’enterrement du dossier. Une vraie enquête avec un vrai procès et de vraies sanctions qui seraient l’expression d’un Etat qui rassure ses citoyens par un «plus jamais ça!». Les atteintes aux personnes et aux biens figurent dans le lexique de notre justice. Des services spécialisés sont même créés à cet effet. Pour quels effets? Pour quels résultats? Là aussi il faut de la rigueur. De la rigueur pour sauver des vies. Pour sauver le pays.
Zouhir MEBARKI
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