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Concurrence et monopoles
09 Juillet 2008
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La mauvaise gestion et la mal gouvernance des entreprises sont souvent compensées - pour les sociétés à caractère commercial notamment - par la revue à la hausse des prix de leurs produits. C’est notamment le cas des entreprises publiques qui n’arrivent pas à gérer le flux de leurs entrants d’où un manque à gagner qui met en difficulté leur trésorerie et leur développement. De nombreuses entreprises publiques (Sonelgaz, ADE, les Opgi... notamment) déplorent le fait que des milliers de factures demeurent en souffrance, non honorées par leurs clients. Aussi, cycliquement, revient l’antienne de l’augmentation des prix de l’eau, l’électricité ou des loyers pour n’évoquer que les plus récurrents.
Ainsi, ce sont souvent les bons clients - ceux qui paient leurs factures «rubis sur l’ongle» - qui seront appelés à combler ce manque à gagner, induisant des hausses injustifiées des prix de consommation. Légitimant la possible augmentation du prix de l’électricité en 2009, le P-DG de Sonelgaz met en avant le «maintien du fragile équilibre de l’entreprise» et affirme: «Toute chose évolue, pour l’électricité (...) il faut savoir que toute chose a un coût, mais au final qui supportera le coût?». En effet qui supportera le coût si ce n’est le citoyen, ce client, éternel «gogo» qui peut être «plumé» à merci, quand des centaines d’administrations (APC, ministères, grosses entreprises...) rechignent à honorer leurs factures, contre lesquelles les sociétés publiques ne peuvent, souvent, rien pour réclamer leur dû, désarmées qu’elles sont contre ces «gros» abonnés.
Cependant, lorsque l’on pratique l’économie de marché, il ne saurait subsister de demi-mesures ou de monopoles de quelque nature qu’ils soient. Du moins pour ce qui est des services. Il est en fait question d’abord d’efficience. Une compagnie comme Air Algérie - malgré un quasi-monopole sur le transport aérien, avec un taux de remplissage le plus fort et un billet d’avion parmi les plus chers au monde - continue de cumuler un déficit chronique. C’est de gérance et de gouvernance d’entreprise qu’il s’agit. Nous avons le cas probant de Mobilis, l’opérateur historique de téléphonie mobile, dont le monopole sur la téléphonie ne lui a pas permis de prospérer. Il fallut l’irruption sur le terrain de concurrents pour que l’entreprise retrouve le sens du rendement et la notion de service public.
En ce sens, la gestion de la téléphonie démontre que la privatisation peut, et doit, apporter une valeur ajoutée, pour peu que le cahier des charges soit applicable et appliqué. Aussi, les sociétés publiques, aujourd’hui en mal de prospérité, peuvent se délester des services, pour ne conserver que la gestion des charges lourdes et la gouvernance en amont de l’entreprise. Les sociétés nationales peuvent et doivent réussir, pour peu qu’elles soient plus cohérentes dans la gérance de leurs ressources humaines, matérielles et financières. Le prix d’un produit est fonction de cette gestion et est aussi le reflet de ce qui est fait en amont de ce produit, nonobstant les difficultés de recouvrement de factures non honorées. La concurrence a du bon lorsque le monopole est plus que jamais synonyme de l’immobilisme.

N. KRIM

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