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La mise à mort de l’or noir
01 Juillet 2008 Lu 525 fois
De conférence en congrès, l’or noir fait courir le monde (riche) qui cherche désespérément à stopper l’envolée du brut qui allait, hier, allégrement vers les 145 dollars. Mais cela est-il en fait une surprise, non seulement du fait que le pétrole n’a jamais été estimé à sa valeur réelle, mais aussi, sans doute surtout, du fait de la consommation effrénée et hors contrôle de l’or noir par des pays industriels jamais rassasiés qui, dans une large mesure, ont concouru à l’envolée des prix. Ce sont ces pays, à leur tête les Etats-Unis qui, tout en refusant de tempérer leur utilisation d’une matière première volatile, pressent, en revanche, les pays producteurs d’ouvrir davantage leurs robinets d’or noir, mettant les réserves mondiales en danger d’épuisement. Le pétrole doit couler à flots, estiment les pays industriels, méconnaissant les problèmes qui se posent en amont et en aval, non seulement pour l’augmentation de la production réclamée par ces pays, mais aussi en vue de la préservation de cette richesse commune à toutes les nations. Cela, les grands consommateurs de naphte le savent bien mais appellent, par facilité, les producteurs à ouvrir largement les vannes de la manne pétrolière. Les «majors» reprennent à leur compte cette antienne sur le pétrole trop cher et rejoignent la cohorte des consommateurs, allant jusqu’à affirmer que la «spéculation» n’est pour rien dans l’envolée des prix du pétrole, faisant, de fait, endosser à la seule Opep leur instabilité actuelle. En réalité la cherté du pétrole n’est pas liée à la production ou du moins pas seulement à cet aspect du problème -les pays membres de l’Opep produisent actuellement à la limite de leurs capacités - mais bien à la spéculation d’une part, au vieillissement et au non-renouvellement du parc des raffineries dans le monde d’autre part, lesquelles sont devenues incapable d’absorber l’ensemble de la production, qu’elle soit du fait du cartel du pétrole ou des autres pays producteurs non-membres de l’Opep. Mais les pays industriels, ceux qui consomment le plus le pétrole sous toutes ses formes, refusent de faire l’effort salvateur qui permettra, d’une part de répondre aux besoins du marché et d’autre part, à participer à la préservation d’une richesse non renouvelable, le pétrole, sur lequel s’appuie, dans une large part, le développement d’un monde occidental mécanisé à outrance. C’est ce confort, qui ne coûtait rien, induit par le pétrole «gratuit», que les grandes puissances consommatrices d’or noir veulent perpétuer, comme elles refusent de contribuer à la pérennité d’une matière première épuisable dont dépendent pourtant les progrès de la planète et l’essor des nations.
N. KRIM
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