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La guerre en rangs dispersés
23 Mars 2008
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Le Séminaire international sur le terrorisme qui s’est ouvert depuis hier, à Alger, donne une idée sur la relative démobilisation de la société civile face à ce fléau. Elle semble épuisée par quinze années de lutte sans les égards de la communauté internationale. La société algérienne a vaincu le terrorisme dans son action militaire et dans son expression idéologique, mais ne sait plus quoi faire de la peau de l’ours qu’elle vient d’abattre.
Les tiraillements politiques et les appétits individuels font glisser ce séminaire vers d’autres terrains d’affrontement et pour ainsi dire, oublier de capitaliser les quinze années de lutte à huis clos. Aujourd’hui, le repère de la guerre contre le terrorisme c’est le 11 septembre 2001, date des attaques kamikazes à New York et Washington. Ce n’est pas l’arrêt du processus électoral en janvier 1992 qui a empêché l’arrivée des islamistes au pouvoir en Algérie. Ce n’est pas la résistance citoyenne et la mobilisation des services de sécurité qui sont aujourd’hui inscrites comme étant des repères dans la lutte antiterroriste. Encore une fois, les Américains ont agi sur le cours de l’histoire.
Beaucoup d’Etats et d’experts avaient insidieusement affirmé qu’«en Algérie il y avait une guerre civile», refusant ainsi d’admettre que des personnes sous couvert de l’Islam se sont attaquées à des innocents. Les grandes puissances ont, d’une manière ou d’une autre, encouragé l’émergence de la nébuleuse islamiste. Al Qaîda n’est pas sortie du néant. Elle a été une création de la CIA. Avant l’invasion de l’Irak, en 2003, Al Qaîda et son corollaire, le terrorisme, n’existaient pas en Irak. Il faut bien dire qu’en ce début du troisième millénaire, le terrorisme islamiste a remplacé les guerres traditionnelles. Et le complexe militaro-industriel a besoin de turbulences en Algérie ou ailleurs pour prospérer.
Partant de ce constat, le monde tel qu’il est façonné actuellement est bien l’aboutissement d’une stratégie purement réfléchie au détriment des pays qui ont besoin d’aide comme ceux du Sahel. Mais l’Oncle Sam est vorace. Il veut avoir le beurre, l’argent du beurre et la fille du laitier.
On ne peut pas encourager l’islamisme pendant des décennies au motif qu’il fallait l’opposer au communisme; on ne peut pas encourager en même temps les dictatures dans le monde arabe; on ne peut pas fermer l’oeil sur des dépassements intolérables et se plaindre ensuite que face à l’arbitraire, l’islamisme risque de prospérer. Comment déclarer, alors, haut et fort, que les pays du Sahel ont besoin d’aide! Il faut arrêter «ce paternalisme» sécuritaire, par ailleurs, très intentionné.

Brahim TAKHEROUBT

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