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Flambée des prix: ça brûle!
12 Mars 2008 Lu 510 fois
Les prix flambent! D’une année à l’autre, la mercuriale est entrée en instabilité avec des augmentations de prix allant jusqu’à 100%. C’est le cas de l’huile de table dont le prix est passé en moins d’une année de 450DA le bidon de 5 litres à 900DA, le sac de blé de 25kg de 750DA à 1500DA. Ce n’est là qu’un échantillon des prix des matières de large consommation qui ont pris les hauteurs. Le sucre, le café, les dérivés du lait, les viandes blanches et rouges, les légumes et les fruits ont connu ces derniers mois, peu ou prou, des envolées qui font très mal aux bourses quand les salaires stagnent depuis des années. Le pouvoir d’achat de la population s’est tellement érodé que même les couches dites moyennes, hier aisées, éprouvent aujourd’hui des difficultés à joindre les deux bouts. En vérité, la paupérisation gagne des couches de plus en plus larges de la société quand les pouvoirs publics, plutôt que de prendre à bras-le-corps un problème qui déstabilise la société, tentent d’en minimiser les effets sur une grande partie des citoyens. Or, les responsables politiques et économiques du pays donnent l’impression d’avoir du mal à comprendre que la liberté d’entreprise et l’économie de marché ne signifient pas le laisser-faire. Elles ne représentent en rien l’anarchie ou le droit de fixer les prix à sa guise. Lorsque le ministre du Commerce, El Hachemi Djaâboub, estime que son département ne peut pas -ou n’a pas les moyens (d’)- imposer les prix des produits de première nécessité aux commerçants, évoquant l’épée de Damoclès que constituerait, selon lui, l’OMC, on reste quelque peu confondu par un tel raccourci. Cet argumentaire n’est en vérité qu’une échappatoire d’autant qu’il appartient au ministère du Commerce, qui agit au nom de l’Etat, de réguler le marché et de veiller à la stabilité des prix.La future adhésion à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) ne saurait être un argument crédible d’autant plus que la loi du marché a ses normes et ses garde-fous pour que, justement, les augmentations des prix demeurent dans une fourchette acceptable tant au point de vue du pouvoir d’achat de la société, de la sauvegarde des entreprises de commerce, des producteurs et autres fournisseurs que de la simple morale. La stabilité des prix ne doit donc se faire ni aux dépens de la société ni des producteurs et fournisseurs. Et c’est là que l’Etat intervient, autrement dit les ministères du Commerce et de l’Agriculture, notamment, en charge des départements des produits de large consommation. Sinon, à quoi peut bien servir un gouvernement? N’est-ce pas le ministre délégué auprès du Parlement, Mahmoud Khoudri, qui avouait, il y a peu, l’incapacité de l’Exécutif à agir sur l’inflation? Une inflation évaluée entre 4% et 12%, selon les estimations des uns et des autres. Il est patent qu’il est plus que jamais de la responsabilité de l’Etat, c’est-à-dire de l’Exécutif, d’agir sur les prix pour les faire redescendre à des niveaux plus admissibles, car il est tout aussi évident qu’il ne faut pas s’attendre à voir les commerçants faire montre de philanthropie et baisser d’eux-mêmes des prix qui n’ont aucun sens dans la situation qui est celle de l’Algérie.
N. KRIM
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