Date
Chercher
Dans  et  Lancer la recherche
 Catégories
   Une
   Actualité
   Culture
   Sport
   Internationale
   Régions
   Dossiers
   Multimédias
  Flux RSS
 Contact 
 Version PDF 

 
Qui se sent faux se couche!
11 Mars 2008
Lu 606 fois 

L’histoire nous apprend qu’à chaque fois que la perversion, la corruption et l’injustice atteignent un corps social, le résultat aboutit inévitablement à l’écoulement de sang dont les flots tracent les sillons de la régression.
Sur cette question précise de l’injustice, la génération d’Algériens qui ont eu le courage de libérer le pays en savent quelque chose. C’est au bout de cette noble tâche d’ailleurs qu’ils ont été gratifiés du titre de Moudjahid et les avantages qui vont avec. L’ancien Moudjahid a la priorité au travail, au registre du commerce, au prêt bancaire, au logement, au permis de construction, à la retraite...la liste est encore longue.
La matière corrompt et les choses dont on use souvent on en abuse. L’attestation d’ancien Moudjahid est devenue un sésame qui ouvre toutes les portes, y compris aux plus hautes fonctions de l’Etat. Reléguée au second plan, la compétence ne faisait plus le poids devant un ancien Moudjahid: la primauté du Moudjahid sur la compétence.
Quant aux résultats, la facture a été salée. L’Algérien de 2008 découvre des milliers de faux Moudjahidine et hérite de dysfonctionnements innombrables ayant conduit à des situations insolubles. Le ministre des Moudjahidine vient de décréter la fin de délivrance des attestations d’anciens moudjahid. L’information en soi est une bonne nouvelle.
Mais pourquoi avoir attendu l’année 2008, soit 46 ans après l’Indépendance du pays, pour prendre une pareille décision qui ne peut être que de salubrité publique. Il ne peut être autrement face aux dépassements et aux exaspérations constatées. Depuis des années, tout le monde s’interrogeait sur tous ces anciens moudjahidine à qui on délivrait des attestations à la pelle alors qu’au lendemain de l’Indépendance, ils n’étaient qu’une poignée.
A ce jour, on ne sait pas encore sur quels critères et quels témoignages ces cartes-sésames ont été délivrées si on subodore que la majorité des responsables des cellules ALN et OC-FLN ont entre-temps disparu. Il faut constater que les autorités concernées ont mis du temps pour prendre une décision qui aurait dû être prise il y a de cela vingt ans.
Surtout quand on sait que les faux moudjahidine pullulent dans les administrations. Peut-on apprendre l’histoire de l’Algérie contemporaine à nos valeureux Moudjahidine? Ce sont eux qui l’ont faite. Quant aux faux Moudjahidine, c’est l’histoire de l’Algérie indépendante qui les a faits. On est tenté d’écrire que c’est la fin d’une époque. Loin s’en faut, c’est peut être le début du véritable assainissement de ce dossier des faux Moudjahidine, il en existe beaucoup, semble-t-il.

Brahim TAKHEROUBT

Envoyer cet article à un ami Version imprimable Votre commentaire