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Dépenses publiques et gaspillage
21 Janvier 2008 Lu 456 fois
Notre aisance financière, tant elle nous aveugle, finira par nous jouer de sales tours. Sans parler de la revalorisation de l’effort, de la création et de bien d’autres domaines ainsi compromis, nous n’avons même pas à l’esprit le souci de faire des économies ni celui d’exploiter pleinement les richesses naturelles autres que le pétrole et le gaz que recèle notre pays. En éternels mauvais élèves, nous n’avons rien retenu de la récession de 1986. Le train de vie de l’Etat est caractérisé par le gaspillage, et l’idée d’une réduction des dépenses publiques n’a jamais été à l’ordre du jour des préoccupations de nos responsables. Ni les élus ni les autres. Dans le même temps, deux grandes richesses naturelles nous échappent totalement. Il s’agit de la pêche et du tourisme. Deux secteurs où les responsables jouent plus à amuser le public qu’à gérer réellement ces importants patrimoines, propriété de plus de 30 millions d’âmes. Le ministère du Tourisme et, dans une moindre mesure, celui de la Pêche figurent dans tous les gouvernements que nous avons eus depuis l’Indépendance. Des ministères qui ont consommé, plutôt englouti des milliards et des milliards de dinars. Pour quels résultats? Au-dessous de zéro! Et pourtant leurs responsables continuent à jurer que la relance ne va pas tarder. Il est temps que cesse la mascarade. Le tourisme ne sera jamais une unité autonome. Il est une chaîne et comme toutes les chaînes, y compris celle du froid, dès qu’un maillon fait défaut tout se bloque. Le tourisme, ce n’est pas seulement des infrastructures ou des équipements. Pour faire court, disons qu’il commence dès l’accueil dans les ports et aéroports pour se poursuivre, tout au long de la durée, dans la joie et le sourire. C’est aussi des sanitaires nickel et une véritable gastronomie locale. Chacun sait que ces conditions ne sont pas réunies. Alors pourquoi garder dans la composition du gouvernement un tel ministère qui tourne en rond en essayant de nous tourner en bourrique? Pour la pêche c’est pourtant plus facile. Pendant que des nations comme le Japon développent des bateaux usines au long cours pour faire le plein de poissons loin, très loin de leurs côtes, nous ne faisons même pas le petit effort de nous baisser pour ramasser les richesses halieutiques qui bordent nos 1200km de côtes. Au lieu de cela, le ministère de la Pêche fait de «la culture en bassins». Dès qu’un barrage est inauguré, ses responsables accourent pour l’ensemencer de carpes et autres poissons d’eau douce qu’aucune demande de marché ne justifie. Alors que les prix du poisson de mer flambent dans nos marchés à cause de la faiblesse de l’offre. Si ce n’est pas faire semblant de travailler, cela y ressemble. D’autres ministères «ronflent», comme ceux de la Ville ou de la Famille. Que des institutions ne remplissent pas convenablement leur mission est grave, les doter en plus d’enveloppes financières est encore plus grave. L’histoire prendra acte de ce gaspillage.
Zouhir MEBARKI
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