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Elle est décédée en avril 1976

Taos Amrouche, la voix et la plume

La majorité des textes littéraires de Taos Amrouche sont profondément marqués et influencés par la culture orale.

Dans une société où les tabous avaient la peau dure, Taos Amrouche avait réussi à braver tous les interdits pour se hisser sur la scène culturelle littéraire et musicale. Certes, Taos Amrouche avait eu plusieurs chances. Mais elle a eu également plusieurs malchances. Elle a misé sur les premières pour bâtir son double destin: celui d'écrivaine et celui de chanteuse. Une troisième facette méconnue par de nombreux observateurs: c'est celle de son militantisme en faveur de l'identité amazighe puisqu'elle a été une pièce maitresse dans la fondation de l'Académie berbère, présidée par Bessaoud Mohand-Arab. La première chance qu'avait eu Taos Amrouche c'est celle d'être la fille d'une certaine Fadhma Ath Mansour Amrouche, première romancière algérienne, auteure de l'inénarrable «Histoire de ma vie», faut-il le rappeler.
C'est donc tout naturellement qu'elle avait tété les rudiments de la littérature dans le sein maternel. Ce qui lui permit aussi d'avoir d'emblée mis le pied à l'étrier de la littérature. La deuxième chance de Taos Amrouche est celle d'avoir été une femme qui ne connaissait pas les frontières géographiques. Algérienne kabyle, elle est née à Tunis le 4 mars 1913. Puis, elle s'envola vers la France où elle tissa avec abnégation sa double carrière de romancière et d'artiste-interprète de chants kabyles. Son premier roman, «Jacinthe noire» a été écrit avant qu'elle n'ait bouclé ses 34 ans. Même si elle n'a pas vécu en Kabylie, ce premier roman ainsi que la majorité des textes littéraires de Taos Amrouche sont profondément marqués et influencés par la culture orale kabyle qu'elle a héritée de sa mère Fadhma qui la lui a dignement transmise. Mais Taos Amrouche s'y est aussi imprégnée à travers ses lectures de jeunesse. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle qu'en plus de ses romans, Taos Amrouche a aussi consacré une partie de son oeuvre au patrimoine littéraire kabyle. Cet aspect de son oeuvre est consigné dans son livre «Le grain magique».
Il s'agit, dans ce livre, de contes de Kabylie que lui a légués sa mère en les lui racontant dans son enfance. Au volet romanesque, Taos Amrocuhe a écrit et publié «Rue des tambourins», «L'amant imaginaire» (roman épistolaire» et «Solitude ma mère». Ce dernier n'a été publié qu'après son décès. Le besoin pressant de s'exprimer a poussé Taos Amrouche à investir également le champ artistique grâce à sa voix envoûtante. Les textes chantés par Taos Amrouche ont été traduits par son frère Jean Amrouche. Elle prit part, en tant qu'interprète, à de nombreux événements culturels internationaux dont le Festival des arts nègres de Dakar. Sa discographie compte «Chants berbères de Kabylie», «Chants de processions, méditations et danses sacrées berbères», «Chants de l'Atlas», «Chants espagnols archaïques de la Alberca»,
«Incantations, méditations et danses sacrées berbères» ainsi que «Chants berbères de la meule et du berceau» et «Les chants de Taos». Taos Amrouche, éprise de son identité amazighe et révoltée que cette dernière ne soit pas reconnue officiellement, prit part activement à la mise en place de l'Académie berbère, créée en 1965, à Paris. Taos Amrouche est décédée le 2 avril 1976 en France à l'âge de
63 ans. Il a fallu attendre jusqu'à 2019 pour que les romans de Taos Amrouche soient édités, pour la première fois en Algérie, grâce à une louable initiative prise par la maison d'édition «Frantz-Fanon».

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