{{ temperature }}° C / {{ description }}

Cité introuvable.

Bessaïh Khaled Rochedi, artiste plasticien et musicien, à L’Expression

«Peindre un regard, est mon désir...»

Il a plus d’une corde à son arc, il manie le pinceau comme il manie le mot. Artiste- peintre, mais poète aussi, Khaled est en sus un musicien talentueux, jouant de la guitare, le temps de retrouver à nouveau de l’inspiration et se remettre vite à la peinture. Insatiable, il nous parle de sa (ses) passion (s) pour les arts…

L'Expression: Pourriez-vous d'abord vous présenter à nos lecteurs...
Bessaïh Khaled Rochedi: Je m'appelle Bessaïh Khaled Rochedi, je suis artiste peintre, sculpteur et musicien, né le 28 octobre 1976 à Paris. Après un baccalauréat option lettres à Alger, j'obtiens ma première année de droit, puis, je change de cap l'année suivante et intègre l'Ecole supérieure des beaux-arts d'Alger. Mais j'arrive à la conclusion que l'art se vit aussi au-delà des murs d'une école. Je mets alors les voiles à destination de Paris où je séjourne plus de 7 ans en quête de nouvelles aventures humaines, séjour qui m'a permis de nourrir mon amour pour la musique et la peinture en me produisant dans des bars de quartiers et en peignant des toiles que je n'ose d'ailleurs montrer à personne par crainte de décevoir mes propres rêves. En 2006 je me résous à ren-trer définitivement en Algérie, ne pouvant pas vivre de mes passions. Je reprends alors mes études de droit et j'obtiens ma licence que je range aussitôt dans un tiroir. Un jour, je croise le chemin de l'artiste plasticien Farid Benyaâ, qui croit en moi et me convainc à reprendre mes pinceaux en découvrant mes créations. Désormais, Je me consacre pleinement à la peinture, la musique et la sculpture et je participe à diverses expositions.
Vous êtes artiste-peintre, sculpteur, mais musicien aussi. Parlez-nous un peu de votre travail artistique et vos inspirationsL'humain m'a toujours fasciné et la complexité de nos émotions réveille ma curiosité et mes pinceaux. Un regard peut en dire long sur le vécu d'une personne. Peindre un regard et non des yeux, tel est mon désir à chaque fois que j'entame un nouveau personnage. Aussi, tenter de créer une sorte d'équilibre entre deux approches à la fois opposées et complémentaires, dans un premier temps je viens poser mon regard d'adulte en peignant des personnages aux regards tristes et chargés de mélancolie qui reflètent la froideur d'un monde qui souvent, nous échappe. Puis dans un second temps j'apporte mon regard d'enfant amoureux de la vie et toutes les belles couleurs et vibrations qu'elle nous offre. Pour ainsi mettre l'accent sur le principe de dualité qui caractérise notre quotidien et évolution ici-bas. Aussi, le comportement et la posture que peut adopter une personne constituent à mes yeux la genèse et l'essence même d'un portrait. Disons que c'est ce qui va mettre en exergue l'ambiance de l'oeuvre et l'émotion qui s'en dégage. Une verticalité des formes qui suggère d'une certaine manière l'élévation de l'esprit, voire l'émancipation de cet esprit d'une société truffée de préjugées. Selon chaque sujet, cette verticalité va se voir détournée par des courbes qui viennent souligner un parcours de vie, un moment de doute, voir un élan. Ainsi la longueur des cous qui, selon moi représentent une sorte de passerelle entre le corps qu'est le siège de nos instincts primitifs et l'esprit qui vise l'élévation spirituelle, est une sorte d'ambition seine et spontanée qui tend vers un idéal. Plus les formes sont longues, plus l'espoir et l'ambition d'atteindre son idéal est grande. L'exploration des émotions est un moment chargé de doute et de vibrations. Donc je n'ai trouvé meilleur style pour exprimer cette fascination que l'art figuratif, un style qui se sert de son environnement comme matière première et nous permet par la suite de réinventer cet environnement en puisant dans la plus belle des sources qui, à mon humble avis, reste notre imaginaire. « La réalité est une vallée dominée par des collines rêveuses, car l'art est un éveil où sommeillent monts et merveilles.»

Comment voyez-vous la situation des arts plastiques en Algérie?
Une question que soulèvent beaucoup d'artistes et de professionnels de l'art chez nous et qui, à mon humble avis, requiert l'oeil aiguisé de véritables professionnels en la matière. Je ne pense pas avoir les compétences requises pour aborder correctement le sujet. Ceci dit, n'importe quel amateur d'art remarquera que le marché de l'art est malheureusement quasi inexistant chez nous. L'artiste est censé être l'un des décrypteurs des codes sociétaux, il est en quelque sorte l'ambassadeur d'une réflexion culturelle multidimensionnelle. Malheureusement, les maillons forts (mécènes, galeristes, collectionneurs, agents d'artistes...etc.) de la chaine qui est censée faire tourner cette belle machine qu'est l'art, manque d'aides et d'appuis pour apporter leur soutien aux artistes. Comme proposer par exemple des foires d'art pour permettre aux artistes, d'exposer leur travail et aux amateurs d'art de découvrir la large palette d'artistes qui peuple notre beau pays... Le processus ordinaire d'une création voudrait qu'une oeuvre une fois achevée puisse continuer à vivre au-delà des murs de l'atelier où elle a vu le jour, pour que puisse voyager la réflexion de l'artiste et croiser le regard de la société. L'art représente l'âme d'une société, une société qui néglige l'art est comme une mère qui néglige l'amour que lui porte son enfant. On devrait lui accorder beaucoup plus d'intérêt. L'art a aidé l'humain depuis la nuit des temps à récolter des informations qui lui ont petit à petit permis de mieux reconstituer notre histoire à tous. Les artistes racontent l'histoire et l'évolution de l'humanité à travers leurs oeuvres. Pour conclure je dirai qu'il serait judicieux de commencer par intéresser les plus jeunes à l'art pour changer notre regard sur son l'importance et ce en privilégiant par exemple les sorties scolaires, des visites de musées et de galeries d'art...etc. On est tous responsables de notre culture et il n'existe de meilleur moyen que celui de la transmettre aux plus jeunes.

Enfin, comment et où s'est passée la période de confinement pour vous?
Le confinement a été pour moi, ainsi que pour plein d'amis artistes l'occasion de se recentrer plus sur nos univers respectifs. Dans mon cas j'ai aussi accordé plus de temps à ma propre réflexion artistique pour tenter de mieux investir mon univers et lui apporter peut-être encore plus d'authenticité. D'autre part, le confinement a contribué à nous ouvrir les yeux sur l'importance de la famille et les amis, car c'est lorsqu'on est loin de ceux qu'on aime que l'on arrive à mesurer la véritable place qu'ils occupent dans nos vies et nos coeurs.

Aviez-vous des projets en vue juste avant et peut-on les connaître?
En vérité, j'ai toujours avancé dans la vie sans trop vouloir tracer mon chemin, en me laissant guider par mon instinct et mes envies. Bien sûr, on a tous des projets, mais l'idée d'en faire un but nous éloigne parfois du plaisir de croquer à pleins dents le présent. Je travaille sur un échiquier depuis presque 4 ans et le voir prendre forme petit à petit est mon projet. J'ai eu quelques propositions d'expositions pour l'après-confinement, si tout va bien la première aura lieu en décembre.

De Quoi j'me Mêle

Placeholder

Découvrez toutes les anciennes éditions de votre journal préféré

Les + Populaires

(*) Période 7 derniers jours