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1ère Biennale d’art contemporain de Rabat

Création au féminin !

Les Algériennes se donnent rendez-vous dans la capitale marocaine, à la première édition de la biennale de Rabat, du 24 septembre au 18 décembre 2019.

Au moment où le féminisme revient en force en Algérie, en étant battu en brèche notamment durant le Hirak, qu’il est toujours problématique y compris en Tunisie, un pays voisin, le Maroc a décidé de mettre en place une biennale d’art contemporain dédiée exclusivement aux femmes. En effet la Fondation nationale des musées du Maroc organise dans la capitale marocaine, la première édition de la biennale de Rabat, du 24 septembre au 18 décembre 2019. Celle-ci est conçue par le commissaire général, l’historien d’art et philosophe algérien Abdelkader Damani. Placée sous le thème, « Un instant avant le monde», la proposition curatoriale de cette première biennale entend « contribuer à redéfinir l’art et ses paradigmes en partant du Sud et de Rabat, désignée « Ville lumière » et capitale culturelle du Maroc. Grâce au dialogue entre les disciplines – allant des arts visuels et de l’architecture à la danse et la performance -, la biennale ouvre une réflexion sur l’urgence de la création, en examinant les raisons, les révoltes, les moments décisifs qui poussent les artistes à passer à l’action et à contribuer à l’histoire. » En soi, ce qui pousse l’artiste à créer. A s’engager ! «J’ai souhaité profiter de la page blanche d’une première édition, pour penser la biennale comme une proposition d’alternative. L’ambition formulée n’est pas celle de changer le monde, le transformer ou le pervertir, mais de tenter d’en écrire un nouveau, depuis l’extrême ouest du continent africain, la fin des terres. C’est depuis cette frontière, depuis cette mélancolie, qu’un soir à Rabat le titre de cette première édition s’est imposé à moi : Un instant avant le monde », indique Abdelkader Damani.

Trois cartes blanches

A noter que cette biennale est composée d’une exposition internationale et d’un triptyque de cartes blanches. A cela s’ajoute, tout au long de la manifestation, un programme de performances, une programmation culturelle ainsi que l’art urbain et de programmations associées. L’Algérie sera de la partie avec de nombreuses artistes femmes du pays ainsi que de la diaspora. Une édition qui s’est voulue, selon son commissaire, particulièrement «interdisciplinaire » dans le sens où cet événement qui ne se tiendra pas sur un seul lieu en outre, brassera différentes activités et domaines dont la danse, le cinéma, l’art contemporain… Côté cinéma ainsi, on citera d’ailleurs la projection du film documentaire Hna Berra de Bahia Bencheikh El-fegoun. La militante et comédienne Hania Chabane fait partie également des invitées. Parmi les autres artistes on peut noter également Zoulikha Bouabdellah, Nadia Benboutta, Fella Tamzali Tahari, Katia Kameli, mais aussi Habiba Djahnine, la directrice du Mama Nadira Lagoune etc.

63 artistes à l’Expo internationale
Il est à souligner que L’exposition internationale, dédiée aux artistes femmes, est répartie, nous apprend –on dans plusieurs lieux culturels de la ville de Rabat. Elle réunit 63 artistes et collectifs d’artistes, issus de 27 nationalités différentes et de nombreuses disciplines. Parmi celles-ci, des plasticiennes et peintres (Mona Hatoum, Etel Adnan, Marcia Kure, Ghada Amer, Zoulikha Bouabdellah, Amina Benbouchta, Candice Breitz), de sculptrices (Sara Favriau, Ikram Kabbaj), des cinéastes et vidéastes (Tala Hadid, Habiba Djahnine…), des chorégraphes, metteuses en scène et performeuses (Bouchra Ouizguen, Séverine Chavrier…), des photographes (Deborah Benzaquen, Mouna Jemal Siala) et des artistes digitales (Naziha Mestaoui), mais aussi des architectes (Black Square, Manthey Kula, Zaha Hadid, Maria Mallo…). Parmi les moments forts de la biennale, un hommage vibrant sera rendu à la cantatrice égyptienne Oum Kalthoum, la première artiste sélectionnée par le commissaire, à travers la projection de son concert mythique à Rabat en 1968 comme préambule à toute l’exposition.

Rabat artiste invitée
En prolongeant les questionnements du commissariat d’exposition, trois cartes blanches enrichissent ainsi cette biennale. Celle d’abord donnée dans le domaine des arts plastiques, à Mohammed El Baz : (du 24 septembre au 18 décembre au musée Mohammed VI, Ndlr). Placée sous le signe de la forêt, l’artiste Mohamed El Baz convie six artistes de la jeune scène marocaine à investir le musée Mohammed VI (Mmvi) à travers l’exposition collective A Forest / La Forêt / El Ghaba. Mohamed El Baz invitera le public à réfléchir à la genèse des œuvres d’art ainsi qu’aux nombreux mystères du processus créatif. Une autre carte blanche est donnée à Narjiss Nejjar, réalisatrice et directrice de la Cinémathèque marocaine. Celle-ci conviera le public à une belle programmation cinématographique, en sus de master class, de discussions avec des réalisateurs, afin de comprendre les conditions d’un nouveau récit du monde. Enfin, en partenariat avec l’Académie du royaume le 18 décembre 2019 se tiendra pour conclure la biennale, une grande rencontre littéraire qui réunira près de 50 artistes sous l’égide de Sanae Ghouati, professeur à l’université Ibn Tofaïl et de la romancière tunisienne Faouzia Zouari. Aussi deux séminaires seront conduits tout au long de la biennale. Il s’agit de « Agir sur la définition de l’art », dont le débat sera animé par Nadira Laggoune, directrice du MAMA à Alger, mais aussi « La Tendresse subversive », sous la direction scientifique de Abdelkader Damani. Il est bon de rappeler que la ville de Rabat est célébrée comme artiste invitée de la biennale avec la création d’un parcours conçu en fonction de la « colorimétrie » de la ville et de ses sites historiques emblématiques comme : le fort Rottembourg (Borj Lakbir) surplombant l’océan Atlantique à Rabat ou encore le musée et le site des Oudayas.
Durant trois mois, la biennale de Rabat investit les hauts lieux artistiques de la ville comme le musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (Mmvi), la Villa des arts, l’Espace Expressions CDG et les espaces d’expositions du Crédit agricole et de la Banque populaire.

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