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Les 13 milliards du repenti

Voilà une histoire grise qui a eu lieu dans l’enceinte du tribunal d’El Harrach (cour d’Alger).

Sihem. F. était une jeune fille ambitieuse en pleine décennie noire. Elle adorait le fric, aimait avoir plein de fric, et l’occasion d’en avoir allait se présenter, lorsqu’ elle apprit que son beau-frère, après un très long séjour avec les terribles et farouches groupes armés, avait décidé de descendre du maquis, abandonnant le terrorisme pour la paix. Mais quel est le rapport de l’argent avec la repentance ? Si. Et il y en a un, et un très gros : Sihem a appris que le beau-frère repenti allait certes, descendre du maquis, pas les mains vides, mais avec la bagatelle de 13 milliards de centimes dans les bagages. Allez savoir d’où elle a eu le tuyau de cette énorme info ! Elle prit la résolution de mettre en place un diabolique stratagème allant à la liquidation du frais repenti, qui aurait d’abord été allégé de l’énorme somme ramenée des montagnes.
Le vol et le crime que tout le monde aurait mis sur le dos des « copains-terroristes » ont enchanté la dame prête à tout. De quoi inspirer les plus grands scénaristes de Hollywood pour en faire un polar. Elle était si heureuse qu’elle en parla à son entourage fait de gus cupides, près de leurs sous, prêts à tout pour s’enrichir aussi vite que la nature ne le veuille. Nous étions déjà loin des années de feu, de tueries, d’assassinats gratuits, de faux barrages, d’extorsion de fonds, de crimes abominables d’adolescents de tous bords, d’attentats minables à la voiture piégée. Au milieu du sang des innocents, des cadavres retrouvés quotidiennement partout où les gens vivaient, il y avait plus de fric en ces temps-là qu’à n’importe quelle période. C’était le début pour Sihem, de la formation de l’association de malfaiteurs. Ils se dirigeaient, sans le savoir dans l’immédiat, lors tout droit sur le fâcheux article 176 du Code pénal qui dispose: « Toute association ou entente, quelles que soient sa durée et le nombre de ses membres, formée ou établie dans le but de préparer un ou plusieurs crimes ou un ou plusieurs délits punis de cinq (5 ) ans d’emprisonnement au moins, contre les personnes et les biens, constitue une association de malfaiteurs qui existe par la seule résolution d’agir arrêtée en commun. » Ici, il s’agit de la loi 04-15 du 10 novembre 2004. Ces derniers ne sauront pas s’y prendre. Au cours de la première « réunion » de préparation du coup qui allait leur permettre de devenir milliardaires, mais le crime n’aura jamais lieu, ni le vol, par un heureux concours de circonstances, l’entreprise criminelle foira.
Les bandits en herbe sont surpris par les services de sécurité. C’est la débandade ! Dans leur fuite, ils s’affolent, ne savent plus ce qu’ils doivent faire. C’est ainsi que dans la pagaille, l’un d’eux laisse tomber son mobile. C’était purement la catastrophe. C’est le plus beau cadeau que puissent faire des malfaiteurs à des flics, généralement, au départ, en manque d’imagination.
L’enquête démarre sur ce précieux détail. Un seul numéro est formé : le premier hors-la-loi est cueilli comme une fraise mûre ! Un à un, les membres de la bande sont pris. Interrogés de près, les trois malfaiteurs se mettent à table.
Le chef de cette noire entreprise court toujours. Pas pour longtemps, puisque Sihem. F. est neutralisée. C’est bien la cheffe de bande ! Curieusement, pour une raison que personne n’est capable de connaître, le juge d’instruction laisse la femme, inculpée, certes mais en liberté provisoire. C’est une des nombreuses facettes de notre justice. Vous ne saurez jamais les pensées et les décisions d’un juge d’instruction.
L’audience correctionnelle permet aux juges du siège de reprendre l’instruction, pour une bonne et saine justice. Mais ceux qui ont assisté aux audiences de la terrible Selma Bédri, savent très bien, comment cette magnifique magistrate mène les débats. Elle obtient tout ce qu’elle désire pour le bon déroulement de l’audience, sans s’énerver, sans crier, avec beaucoup de doigté. Elle a l’art de savoir s’y prendre avec le plus dur des malfaiteurs qui ose tenir tête au tribunal. Son allié est le temps. Elle prend son temps, quitte à revenir bien plus tard aux questions interdites. Elle se permet même le luxe de renvoyer les débats lorsqu’elle s’aperçoit qu’une des parties en présence ne peut suivre. Tout est bon pour un bon déroulement de l’audience. D’emblée, elle perdra beaucoup de temps avec Sihem, le sixième sens de la présidente ayant senti que la femme était vraiment la cheffe de bande qui n’est jamais arrivée à bon port dans son entreprise criminelle.
Heureusement, d’ailleurs, pour la morale, que ce bout de femme ne soit pas la méchante dame qu’elle voulut être dans une société où l’homme, seul, peut être le malfaiteur en puissance.
L’inculpée ne savait même pas répondre aux questions simples et directes du tribunal !
L’inculpée bafouilla longtemps, mais ne résista pas aux nombreuses et pertinentes questions enfonçantes du tribunal qui l’assommera par un verdict qui ne souffrait d’aucune contestation : sept ans d’emprisonnement ferme.

De Quoi j'me Mêle

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