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Ce que coûte un avortement

Voilà une femmae mariée depuis 15 ans à un homme, qu’elle trouvera stérile ! Or, quelques années plus tard, elle tombera... enceinte !

R.G. est une femme mariée depuis le 30 juin 2004, un beau mercredi inoubliable, car à vingt et un ans, le plus beau jour de sa vie, reste l’union bénie entre un jeune homme modeste et surtout qui avait pour seule ambition démesurée, d’avoir une famille nombreuse et unie.
L’union se fit entre lui et une belle fille menue et brune, aspirant à fonder une famille dans la plus pure tradition de la région dont nous tairons le nom pour des raisons propres au huis clos. Un huis clos imposé par le tribunal en vue de sauvegarder l’honneur des familles en présence, familles dont le seul tort de l’inculpation commise par une femme rongée par la stérilité de F.G. et tombée dans le piège de quelqu’un qui a animalement abusé d’une femme au passé aussi net que de l’eau de roche, certes, mais au futur, incertain à cause de l’absence d’enfants pour égayer cette même famille. Abordant les conditions dans lesquelles l’avortement a eu lieu, la femme précise : «Cela s’est déroulé dans un moment de trouille» reconnaîtra l’inculpée, plus tard devant le président. R.G. s’est vaillamment défendue, arguant du fait que l’opération qu’elle a elle-même réfléchie toute seule, pensée sans l’aide de personne, cherchée, trouvée et voulue, a peut-être, certainement sauvé une dramatique situation des familles alliées. Nous pensons à ce propos, à la famille de monsieur qui a le privilège d’entendre souvent les voisins, les plus malveillants ou de mauvaise foi, en évoquant cette famille d’«honorable» ! C’est énorme comme compliment et nous vous laissons le soin d’évaluer les propos crachés par ces mêmes voisins si la nouvelle de l’avortement de la dame, s’était propagée !
«J’ai longuement réfléchi à mon acte, ses conséquences, à l’avenir de tous et surtout à l’état psychologique de mon pauvre mari qui n’aurait pas compris mon «moment d’égarement», d’il y a sept mois»,
a dit, le front et le moral bas, au même niveau que ses semelles, l’inculpée qui a passé sous silence les coordonnées du «père» du fœtus. Dans une salle quasi vide en cette fin d’année 2019, huis clos oblige, cette femme au corps menu et frêle, avec un visage pratiquement fermé, s’exprimait à voix basse, presqu’inaudible, à telle enseigne que le président intervint: «Inculpée, voulez-vous parler plus fort afin que le procureur vous suive ? C’est dans votre intérêt et celui de la justice qui a besoin de clarté en vue d’un procès régulier, net et équitable.» Elle répondit aussi vite que l’espéraient le juge et le parquetier : «Je jure que l’opération a eu lieu proprement, dans les toilettes, tard le soir alors que tout le monde dormait. Il n’y eut aucun problème, le médicament ingurgité, surtout que mon époux avait affaire au Sud où il était en mission pour une semaine.
Le matin, avec une forte fièvre, je fus transportée à l’hôpital où la prise en charge a été excellente, mais le chirurgien dut faire son rapport de circonstance et le reste a suivi. Mon sort est ficelé, seul Allah pouvait avoir pitié de moi, car je ne connais pas encore celui de mon mari, encore sonné de la triste nouvelle et la tête dans les nuages, après qu’il m’eut rendu visite et marmonné des mots que je n’ai pas entendus.» Puis, ce fut le tour du procureur d’intervenir pour demander le maximum de la peine prévue par la loi : cinq ans d’emprisonnement ferme pour avortement.
«Cette femme ne mérite aucune circonstance atténuante, en mettant fin à une vie !», s’est écrié entre autres, le parquetier. Après quoi, l’inculpée fut invitée à prononcer le dernier mot que la loi a prévu.
«Je regrette l’adultère et l’avortement et j’accepte volontiers la sentence du tribunal.»
Le juge annonce la mise en examen de l’affaire sous huitaine, alors que le policier reconduit la détenue aux geôles.

De Quoi j'me Mêle

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