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Bac, les filles surclassent les garçons

Délivrance. Il y a à peine un peu plus d’un demi-siècle, la fille algérienne ne mettait pas le nez dehors. Elle n’en avait pas le droit. Même les accouchements avaient lieu à la maison. Elle ne pouvait sortir qu’en de rares occasions. Visites familiales ou bain public. Même dans ce cas, les sorties étaient bien « encadrées ». Elles devaient être accompagnées du père, du frère et quelquefois par son propre enfant, garçon évidemment. De plus, elle était voilée de la tête aux pieds. N’étaient épargnés que les yeux pour pouvoir avancer. Selon les régions, son visage était caché par une voilette ou par une petite ouverture du voile, juste pour un œil. C’est dire que son confinement était total. Et cela avait prévalu durant des siècles. La société algérienne était ainsi faite. Elle qui se débattait dans des conditions de survie extrêmes qu’imposaient les colonisateurs en la maintenant dans un état d’indigence multiforme. Un état où il était impensable de parler de scolarité de la fille quand les portes de l’école étaient fermées à l’ensemble du peuple algérien. Une longue nuit qui n’a commencé à se dissiper qu’avec le déclenchement de la guerre de Libération nationale, le 1er Novembre 1954. Une petite minorité de nos jeunes filles a brisé les chaînes de l’enfermement pour rejoindre les maquis prêter main-forte aux moudjahidine. Dans cette minorité, quelques-unes ont été plus remarquées. Comme Hassiba Ben Bouali, Djamila Bouhired, Zohra Drif, Djamila Boupacha, Meriem Belmihoub, et tant d’autres qu’il est impossible de citer dans cette petite surface. Leur courage et leur sacrifice ont cassé un tabou pourtant profondément enraciné dans la société algérienne. Le 11 décembre 1960, en pleine guerre de libération, leur exemple a été suivi par des milliers d’Algériennes qui sont sorties, pour la première fois, ce jour-là pour manifester aux côtés de leurs maris, pères, frères. Elles sont sorties certes, mais en gardant le voile. L’étape suivante a été le jour de l’indépendance où le voile a commencé à disparaître comme s’il s’était glissé dans les valises de l’occupant. L’événement n’avait pas échappé au premier président de la République, Ahmed Ben Bella, qui organisa aussitôt une cérémonie au cours de laquelle il brûla symboliquement le voile qui enchaînait l’Algérienne. Ce jour-là, historique évidemment, a également été celui où la femme algérienne avait pris conscience du moyen indispensable pour atteindre le point de non-retour de son statut de soumission absolue. C’était les études. Sans tambour ni trompette et profitant de l’accès à l’école sans discrimination de sexe, les filles se sont investies totalement dans le savoir. Seule clé à même de leur ouvrir les portes de l’égalité. Contrairement aux garçons qui n’avaient pas ce souci de liberté de mouvement. Depuis, d’année en année et fortement motivée, l’Algérienne excellait dans ses études et décrochait plus que les garçons, les diplômes qui sont autant d’étapes dans l’enseignement. C’est ainsi que les premières promotions massives d’Algériennes universitaires eurent lieu dans les années 70. Leur entrée dans la vie active quelques années plus tard allait bouleverser le fonctionnement de la société. Elles étaient juges, médecins, enseignantes. Du jamais-vu dans une société habituée à vivre avec « un seul pied ». Qui plus est dans des fonctions qui renversaient la relation dominé-dominant. L’homme malade s’en remettait aux compétences de la femme médecin. Le justiciable n’en menait pas large devant la femme juge. L’effet boule de neige ne tarda pas. Celles de nos compatriotes qui voyaient les premières universitaires, ne tardèrent pas à suivre l’exemple et se jeter dans les études. C’est ainsi qu’apparurent les premières femmes au volant. Celles qui pouvaient obtenir leur propre maison. Celles qui n’ont pas pu avoir les mêmes chances dans les études se rabattaient sur la formation professionnelle. L’essentiel est d’avoir des revenus qui lui assurent au moins l’autonomie. Pendant ce temps-là, les garçons, libres comme le vent, ne voyaient pas les études comme un moyen libérateur. D’autant que certains référents leur indiquaient que la fortune n’était pas liée aux études. On les a vus s’engouffrer dans les « cabas » (ancêtres de l’import-import) après la table de vendeur de cigarettes qui faisaient pâlir d’envie même les médecins. Pendant que l’Algérienne plonge dans ses livres, l’Algérien pense au business pour réussir. Dans le premier cas, la pérennité est assurée. Dans le second, c’est plus aléatoire. Une équation qui permet de se projeter dans la société algérienne des 50 prochaines années !

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