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Quelle ligne rouge pour le paysage audiovisuel tunisien ?

Contrairement à ce qu’on a voulu faire croire dans les médias français, l’audiovisuel tunisien n’est pas aussi ouvert qu’on ne le pense et certaines lignes rouges sont bien tracées. Des mesures ont cependant été prises contre la chaîne privée Nessma TV, l’une des principales chaînes privées du pays qui a été créée par Nabil Karoui et qui était proche du président défunt Béji Caïd Essebsi. La Haica reproche à Nessma TV de faire de la «publicité politique» pour Nabil Karoui, et de ne pas avoir divulgué l’identité de ses actionnaires, alors que tout le monde sait que l’Italien Silvio Berlusconi et le Tunisien Tarek Benammar sont associés dans cette chaîne. Nessma TV, condamnée à de nombreuses amendes, fait l’objet depuis octobre 2018 d’une interdiction de diffusion, mais continue à émettre ses programmes via satellite. Elle consacre de nombreuses émissions à défendre Nabil Karoui, arrêté fin août pour blanchiment d’argent. La Haica, qui se dit indépendante mais qui fonctionne selon le pouvoir en place, avait aussi interdit le passage des candidats sur une autre chaîne et une radio qui émettent sans licence: Zitouna TV, proche du parti d’obédience islamiste Ennahdha, et la radio Quran, dont le propriétaire dirige un parti islamiste, Errahma, en course pour les législatives. La Haica leur reproche l’opacité de leur financement, d’autant qu’elles n’ont pas de recettes publicitaires, souligne Hichem Snoussi, un des responsables de l’instance. Une grande partie des patrons de médias exerçaient déjà sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali, et nombre de rédactions sont peu structurées, laissant le champ libre aux interventions de la direction dans le traitement de l’information. Il n’y a souvent pas de séparation entre information et commentaire. Le soulèvement populaire de 2011, qui a mis fin à la dictature de Zine El Abidine Ben Ali, a libéré des médias jusque-là largement muselés. Depuis, le secteur audiovisuel s’est doté de 13 chaînes de télévision dont deux publiques et 11 privées, ainsi que de 39 radios, dont 18 privées et 10 publiques, devenues les arènes du débat politique. Depuis samedi et jusqu’à lundi, trois soirées de débats télévisés ont eu lieu entre les 26 candidats à l’élection présidentielle, dont le premier tour aura lieu le 15 septembre. Diffusés sur 11 chaînes de télévision, parmi lesquelles la chaîne publique Wataniya, dont la couverture des municipales en 2018, avait été saluée pour son indépendance, ces débats constituent une première en Tunisie et un fait rare dans le Monde arabe. La Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica), créée en 2012 pour réformer le paysage audiovisuel, ne parvient pas à imposer ses décisions sur des médias disposant d’un appui politique. Malgré cette ouverture de façade, les chaînes de télévision tunisiennes gardent un semblant d’ouverture mais un grand axe d’orientation politique. 

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