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06 Septembre 2008
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Les élections présidentielles américaines sont vraiment très importantes au point de focaliser toutes les attentions, celles des observateurs et analystes politiques du pays concerné aussi bien que celle du quidam qui habite aux antipodes dans un bled perdu gouverné par une vampirique mafia aux méthodes expéditives, à la langue de bois et aux élections truquées. Ce n’est pas seulement le caractère de la fonction du président des Etats-Unis qui est la clef de voûte de la politique de la première (pour ne pas dire l’unique) puissance du monde qui braque tous les regards sur une campagne électorale fort longue et riche en rebondissements, mais c’est surtout l’impact de cette élection sur l’état du monde qui lui vaut toutes les attentions de l’humanité entière. Et il n’est pas rare de constater, çà et là, à la veille de ces capitales élections, des événements qui auraient une liaison directe avec les services spéciaux américains...
Cette élection est d’autant plus importante que le cinéma américain lui a consacré plusieurs films tendant à démonter les mécanismes qui font d’un homme politique un candidat potentiel, dont l’investiture ne tiendra qu’à un fil. Le fil est déterminé d’abord par la morale dominante aux USA qui évolue au fil des ans et par les puissants lobbies qui canalisent la campagne vers leurs égoïstes intérêts.
Tempête sur Washington d’Otto Preminger tout comme The Mandchurian candidate de John Frankeheimer ont été réalisés après la fin du maccarthysme, quand tout citoyen suspect de sympathie pour le communisme était définitivement écarté de la vie politique comme d’un emploi dans l’administration. Il faut dire que les médias, tout comme les services de communication des partis en lice, ne cessent de fouiller dans le passé récent ou lointain du candidat pour déceler la moindre faille, le moindre défaut dans le parcours du candidat pour essayer de le disqualifier aux yeux des électeurs. Alors que dans les pays sous-développés les médias aux ordres du pouvoir dominant tracent du candidat du parti unique un portrait-robot à l’épreuve de toute critique et élaborent une biographie idéale enjolivée de faits et d’exploits qui tranchent généralement avec l’atonie du candidat.
C’est en général dans les débats télévisés (inaugurés par Nixon et Kennedy) ou dans les conférences de presse que les candidats s’exposent le plus aux questions perfides et meurtrières des journalistes. Ainsi, on a pu assister au profond embarras de John McCain (ancien pilote de l’US Air force qui a été fait prisonnier par les Vietnamiens) quand on lui demandé le nombre de demeures que lui et sa femme possèdent aux USA, il n’a pas pu répondre et les démocrates ont sauté sur l’occasion pour montrer le fossé «qui existe entre ce richissime candidat et nombre d’Américains qui ont perdu leurs maisons lors de la crise des subprimes (prêts hypothécaires)».
Le choix de Sarah Palin, sénatrice de l’Alaska, pèsera aussi négativement, ayant fait partie d’un mouvement sécessionniste qui demandait l’indépendance de cet Etat riche en hydrocarbures mais protégé écologiquement. Cette militante du puissant lobby NRA est contre l’avortement et défend une morale puritaine alors que sa fille âgée de 17 ans promène une grossesse hors mariage. D’autres casseroles comme les soupçons de trafics d’influence traînent à la suite de cette colistière qui fut reine de beauté en son temps. Si McCain gagne avec cela, c’est qu’il est verni!

Selim M’SILI


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