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Club Med
21 Juillet 2008 Lu 425 fois
Le battage médiatique au service de cet événement est sans précédent. Il faut vraiment être aveugle ou sourd, ou vivre en rase campagne pour n’avoir pas suivi, à l’insu de son plein gré les grandioses cérémonies qui ont précédé et illustré la Fête nationale française. Il faut dire que les médias, désormais au service du maître de l’Elysée, n’y sont pas allés de main morte. Avec le professionnalisme qui est le leur et le matraquage incessant, toutes longueurs d’ondes et tous supports confondus, les médias ont abreuvé jusqu’à l’overdose le pauvre consommateur plus préoccupé par la hausse du baril et des produits alimentaires que par l’état d’esprit d’un nouvel adhérent du Club Med que vient d’inaugurer avec force tours de bras et dodelinements, Nicolas Sarkozy, chorégraphe du vertigineux ballet diplomatique qui s’est déroulé entre l’Elysée et les Champs Elysées. Le metteur en scène a tout prévu: l’éclairage a été orienté vers les personnages qui vont jouer un rôle central dans cette pièce dont personne ne peut prédire l’épilogue. Ce n’est qu’un remake du scénario de Barcelone remanié par les nouveaux occupants des bureaux élyséens en fonction de la nouvelle donne euro-méditerranéenne. D’abord, c’est Hosni Moubarak, dont la carrure rappelle plus celle d’un garde du corps en pleine forme olympique pour un octogénaire, à qui va être dévolu le rôle alibi de la parité exigée par le pot de terre à son vis-à-vis, le pot de fer. Mais la vedette a été volée par celui qui, il y a quelques semaines encore, passait pour être infréquentable, quelqu’un qui sentait le soufre et à qui sont imputés tous les coups fourrés donnés aux intérêts occidentaux dont l’interminable partie d’échecs qui se déroule au Moyen-Orient depuis une date improbable. Bechir El Assad fait figure de jeune premier dans cette galerie de portraits avec le rôle central de la Syrie dans le drame qui se noue au détriment du peuple palestinien et qui met en exergue les efforts déployés par l’Otan pour isoler l’Iran, dernier pays de la région à faire montre de velléités d’indépendance. Tout le talent de Sarkozy fut de réunir à une même table autant de problèmes d’intensité et d’importance différentes. La Turquie et la Grèce, Israël et la Palestine, Israël et la Syrie, l’Algérie et le Maroc: il ne manquait que la Serbie et le Kosovo pour l’inventaire des problèmes qui empoisonnent ce lac de paix qu’aurait pu être la Méditerranée. Durant le défilé, les commentateurs se sont appesantis sur la responsabilité de la Syrie dans les attentats perpétrés au Liban contre les forces d’intervention américaine, française ou contre les valets de la mondialisation. Aucun mot sur l’absence du président Abdelaziz Bouteflika qui a boycotté le défilé en raison du comportement de l’armée française en Algérie et surtout en l’absence d’excuses de la part de l’Etat français. C’est un symptôme manifeste de l’atmosphère qui prévaudra demain au Club Med quand il s’agira de faire la différence entre le terroriste et le patriote.
Selim M’SILI
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