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Informer
03 Mai 2008 Lu 412 fois
On ne peut célébrer le jour de la liberté de la presse sans faire une rétrospective du chemin de croix parcouru par les gens qui ont embrassé une profession enviable sous d’autres cieux. A peine sortis du carcan du système pesant du parti unique et de la langue de bois où les slogans de mobilisation et désinformation sont plus appréciés que la vérité qui fait mal à l’endroit où sont nichés les intérêts d’une classe et l’amour propre d’un groupe, que les journalistes sont confrontés au double phénomène d’une liberté échevelée et d’un terrorisme aveugle. Les rescapés de cette douloureuse transition auront à peine le temps de faire une halte que s’abat sur eux une législation répressive castratrice. Sans parler de conditions de travail désastreuses que la multiplication de titres, paradoxe aggravant, n’arrive pas à améliorer. Il est désormais interdit de critiquer une personnalité sans disposer de preuves solides qui puissent étayer l’argumentation. Il est alors demandé au plumitif de transmettre au lecteur la simple information des activités présidentielles, ministérielles, de chiens écrasés ou des faits de société. Mais comment écrire sur l’envolée du baril de pétrole répercutée par toutes les agences de presse sans penser à l’indigence de la fiche de paie du salarié qui rêve de voir son revenu talonné et dépassé par les prix des produits alimentaires, suivre de très loin le sprint du sacré baril? Comment écrire sur les activités du ministre de la Santé sans penser aux hôpitaux malades de la mauvaise gestion, à la pénurie des médicaments vitaux ou au parcours du combattant des étudiants en médecine? Comment traiter de la liberté de la presse sans parler de la mainmise de l’Etat sur le poumon de cette liberté: la publicité? Parlons plutôt de la place de la liberté de la presse coupée en deux et remplacée par un passage. Cela vaut mieux.
Selim M’SILI
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