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TIZI OUZOU
Le règne des bandes organisées
07 Mai 2008 - Page : 9
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Après les vols à main armée et les faux barrages, les villageois font face actuellement aux kidnappings.

L’état d’insécurité qui règne depuis maintenant des lustres dans la wilaya de Tizi Ouzou prend des proportions alarmantes. Les citoyens et leurs biens sont devenus les cibles de tous les voleurs et racketteurs.
Le nombre de délits est en constante augmentation en dépit de l’organisation des villageois. Après les vols à main armée et les faux barrages, l’heure est à présent aux kidnappings.
Tout au début, les localités lointaines des centres urbains ont été les premières proies. Durant la décennie noire, les régions de Mizrana, Tigzirt, Boghni et Draâ El Mizan ont subi les affres des racketteurs et des maraudeurs nocturnes. A cause de l’insécurité, les routes devenaient dangereuses.
A Mizrana et Tigzirt, des dizaines de citoyens ont été délestés de leurs véhicules. Le lieudit Chréa a connu le plus grand nombre de vols de voitures.
Le malheur des villageois n’en est pas à son épilogue. Des foyers ont été également dépouillés.
Le bétail était la cible des maraudeurs nocturnes. Tous les villages de la wilaya ont connu pareils délits.
Après les événements du Printemps noir, en 2001, les actes devenaient de plus en plus nombreux et prenaient des proportions alarmantes. A ce stade, la vigilance des citoyens n’était plus apte à répondre à ce mal qui ronge la société. Les structures d’organisations défensives traditionnelles qu’offraient les comités de villages réclamaient l’assistance des services de sécurité.
Les villages, après les événements, étaient à la merci des groupes spécialisés dans le racket. Toutefois, ces derniers temps, ces vols ont pris un nouveau visage, celui du crime organisé. La recrudescence de ces actes a pour origine plusieurs facteurs.
D’un côté, l’absence d’une prise en charge conséquente des exclus du système éducatif qui a souvent pour effet inéluctable l’orientation d’une grande partie de ces jeunes vers des fléaux comme la drogue. L’échec scolaire, ces dernières années, ne pouvait qu’engendrer une délinquance parmi cette frange vulnérable de la société.
De l’autre, après l’échec scolaire et quand bien même une partie est rapidement orientée vers la formation professionnelle, elle débouche inéluctablement sur un autre problème, le chômage.
Dans tous les villages de la wilaya, le nombre de chômeurs ne fait qu’augmenter par rapport aux grandes villes et les jeunes s’adonnent à la vente de drogues dures et autres délits.
En outre, la multiplication de débits de boissons clandestins, qui essaiment dans toutes les localités et qui sont souvent des lieux de rencontre et de constitution de bandes structurées qui sévissent par la suite dans les villages, est un autre facteur.
Le plus souvent, exerçant illicitement, ces lieux deviennent pour la plupart des marchés propices à la drogue.
Actuellement, le temps n’est plus aux petits dealers et aux racketteurs. La société fait, de nos jours, face à des groupes et des organisations fortement structurés.
Il ne se passe presque pas une semaine sans que l’on déplore le kidnapping d’une personne. En somme, le problème est tellement complexe que les solutions ne doivent plus être d’ordre exclusivement sécuritaire.

Kamel BOUDJADI

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