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INTERNATIONALE

L’IRAN ET LA SYRIE MIS À L’INDEX DANS LA CRISE LIBANAISE
Les deux pays menacés par le brasier
10 Mai 2008 - Page : 12
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Beyrouth était hier en feu

Lorsque les réactions se succèdent, le Hezbollah, l’Iran et la Syrie sont mis à l’index. Ces derniers sont accusés par certains pays arabes et d’autres comme Israël d’entretenir le bourbier au Liban.
L’Iran est spécialement accusé de vouloir instaurer son hégémonie via le Hezbollah à travers toute la région du Moyen-Orient. Ainsi, l’Arabie Saoudite et l’Egypte ont volé au secours du gouvernement du Liban et proposé une réunion ministérielle arabe d’urgence. Depuis mercredi, les dirigeants arabes n’ont cessé d’appeler au respect des institutions constitutionnelles libanaises, dont le gouvernement légitime de Fouad Siniora, et de résoudre les différends par le dialogue.
«C’est une affaire interne»

Le président syrien, Bachar al-Assad, a déclaré hier que la grave crise au Liban était «une affaire intérieure» et exprimé l’espoir que les Libanais parviennent à «une solution à travers le dialogue».
L’agence officielle syrienne Sana a indiqué que M.Assad avait tenu ces propos lors d’un entretien à Damas avec l’émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa al-Thani, dont le pays avait entrepris une médiation au Liban.
L’entretien entre M.Assad et l’émir du Qatar a porté sur «la conjoncture régionale, notamment au Liban», selon Sana.
«Les deux dirigeants ont estimé que la crise au Liban était une affaire intérieure libanaise et ils ont exprimé l’espoir que les Libanais puissent trouver une solution à cette situation à travers un dialogue entre eux, afin de préserver la sécurité et la stabilité au Liban», a ajouté Sana.


Un diplomate égyptien qui a requis l’anonymat a affirmé, que Le Caire ne «peut pas permettre à une partie soutenue par l’Iran de prendre le contrôle du Liban», en allusion au mouvement chiite Hezbollah. «Une solution a été proposée ce week-end au Hezbollah qui l’a refusée, ce qui signifie qu’il a l’intention de (poursuivre) le sabotage», a-t-il dit, en allusion à l’initiative proposée par le chef de la majorité, Saâd Hariri, pour mettre fin à la crise. Alors que le ministre libanais des Télécommunications, Marwan Hamadé, a explicitement appelé le président français, Nicolas Sarkozy, à exercer «une pression réelle sur l’Iran et la Syrie» pour empêcher que le Liban ne bascule dans un nouveau régime intégriste.
Le président syrien Bachar al-Assad a, pour sa part, déclaré et au même tire que l’émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa al-Thani, que la grave crise au Liban était «une affaire intérieure». «C’est un nouveau chapitre de la bataille menée par l’Iran pour régner sur tout le Moyen-Orient», a déclaré, quant à lui, le chef de l’Etat israélien Shimon Peres.
L’Iran a, par contre, imputé la responsabilité de la crise du Liban à Israël et aux Etats-Unis. «Les interventions aventureuses des Etats-Unis et du régime sioniste sont la principale cause de la situation chaotique au Liban», a dit le porte-parole des Affaires étrangères. Tandis que le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Ghaza depuis juin 2007, a également appelé, par la voix de son porte-parole Sami Abou Zouhri, les protagonistes au Liban au dialogue, «pour couper court aux tentatives américaines de faire sombrer le Liban dans la zizanie».
Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé à «faire prévaloir le dialogue» pour résoudre leurs différends. Le chef de la diplomatie française, M.Bernard Kouchner, a indiqué que la France n’entendait pas rester inactive face à ce drame.
Le nouveau chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, a annoncé que l’Italie préparait un plan d’évacuation de ses citoyens désireux de quitter Beyrouth, la capitale libanaise touchée par des combats. Signalons que l’Arabie Saoudite et l’Egypte ont demandé la tenue d’une réunion extraordinaire de la Ligue arabe dans l’urgence, pour mettre un terme aux combats meurtriers à Beyrouth.
La demande a été adressée au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Rappelons que la majorité gouvernementale au Liban, soutenue par les pays occidentaux et l’Arabie Saoudite, accuse la Syrie, ex-puissance tutélaire au Liban, et l’Iran de bloquer une solution au Liban, tandis que l’opposition reproche à la coalition au pouvoir d’être inféodée à Washington. Cette dernière vient de menacer Damas de représailles.
Les Etats-Unis ont envisagé, dans ce sens, un embargo contre la Syrie.

Salim BENALIA

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