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LE DOSSIER SAHRAOUI EN DÉBAT À L’ONU
Le Maroc dos au mur
10 Octobre 2009 - Page : 7 Lu 764 fois
Le Maroc a été mis en demeure de reconnaître «le fait colonial» dont il est l’auteur au Sahara occidental, devant la communauté internationale. Il a été ainsi mis en exergue l’exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara occidental par Rabat. Jeudi, les intervenants devant la 4e Commission de l’ONU qui se tient à New York ont «fermement condamné» le pillage des richesses du peuple sahraoui par le Royaume chérifien. «Nous appelons la quatrième commission de l’ONU à réaffirmer la souveraineté permanente des peuples sur leurs richesses naturelles afin de protéger celles du Sahara occidental», a déclaré Mme Kate Lewis, coordinatrice internationale de la Western Sahara Ressource Watch (Wsrw), qui regroupe des organisations de plus de 30 pays qui dénoncent l’exploitation illégale des ressources naturelles sahraouies. Sept militants sahraouis disparus
Pas moins de sept militants sahraouis des droits de l’Homme ont été «arrêtés et séquestrés», jeudi, par les autorités marocaines. A leur descente d’avion à l’aéroport de Casablanca, ces militants ont été conduits manu militari vers une direction inconnue. Plus grave encore, les téléphones portables de ces derniers restent fermés. Il s’agit entre antes de Ali Salem Tamek, président par intérim du Rassemblement des défenseurs sahraouis des droits de l’Homme, Ibrahim Dahane, président de l’Association sahraouie des victimes de violations graves des droits de l’Homme (Asvvgdh), perpétrées par l’Etat marocain au Sahara occidental, et de Hamadi Nasseri, secrétaire général du Comité sahraoui de défense des droits de l’Homme à Smara (Sahara occidental). | L’intervenante a, également, suggéré que la mission de la Minurso soit élargie à la protection des ressources naturelles du Sahara occidental «exploitées illégalement par l’occupant marocain.» Pour sa part, le président du groupe du Sahara occidental au Parlement britannique, M.Jeremy Corbyn a souligné la responsabilité morale des Nations unies dans le règlement du conflit du Sahara occidental et dans la protection du peuple sahraoui. «Il est également de la responsabilité de l’ONU de faire cesser le pillage des ressources naturelles du Sahara occidental», a-t-il martelé. Pour le parlementaire britannique, l’indépendance du Sahara occidental «ne profitera pas seulement aux deux parties (Maroc et Polisario) mais à toute la région». De son côté, Mme Sahli Maya, professeur de droit international, a indiqué que l’exploitation des ressources du Sahara occidental «est convoitée par de nombreux groupes économiques régionaux qui pactisent avec l’Etat occupant». L’universitaire algérienne a indiqué que le droit international «consacre la règle selon laquelle le territoire non autonome dans toutes ses composantes et ses ressources naturelles ne peuvent être aliénées au profit d’un Etat occupant». Pour sa part, M.Saïd Ayachi, représentant du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, a évoqué les «graves violations» des droits de l’homme commises par le Maroc dans les territoires sahraouis occupés, citant entre autres les disparitions forcées, les détentions arbitraires, tortures, génocides et déplacements internes forcés de la population. Dans un réquisitoire sévère, M.Ayachi est revenu sur les conditions «difficiles» dans lesquelles vivent les Sahraouis dans les camps de réfugiés, relevant que l’aide humanitaire qui leur est destinée reste «très insuffisante.» Sur ce chapitre, «le Haut Commissaire aux réfugiés, M.Antonio Gutteres, qui a visité les camps des réfugiés sahraouis récemment, a été consterné par cette situation dramatique des réfugiés sahraouis qui manquent cruellement de tout», a rappelé M.Ayachi. L’avocat algérien, M.Sadek Bouguettaya, a lui dénoncé les «graves violations» des droits de l’homme que subissent au quotidien les Sahraouis dans les territoires sahraouis occupés. A ce titre, M.Bouguettaya souligne: «Le règlement de cette question passe par un référendum d’autodétermination juste, libre et transparent.» Pour rappel, le débat général sur les questions de décolonisation de la quatrième commission de l’ONU devait se poursuivre jusqu’à hier soir.
Mohamed Sadek LOUCIF

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