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La crise alimentaire au centre des discussions
06 Juillet 2008 - Page : 2 Lu 284 fois
Selon la chancelière allemande, Angela Merkel, les pays industrialisés du G8 prendront des mesures pour lutter contre cette crise.
La crise alimentaire sera l’un des thèmes les plus importants abordés lors du Sommet du Groupe des Huit (G8, les pays les plus industrialisés du monde). Le sujet devrait occuper une grande partie des discussions des chefs d’Etat et de gouvernement du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie). Le Sommet se tiendra à partir de demain jusqu’au 9 juillet dans la station thermale de Toyako, sur l’île de Hokkaido au Japon. Les dirigeants de sept pays africains (Afrique du Sud, Algérie, Ethiopie, Ghana, Nigeria, Sénégal, Tanzanie) et le président de l’Union africaine y sont également invités. Cette réunion intervient dans un contexte de tension marqué par le choc pétrolier, la crise alimentaire et la crise mondiale du crédit. Le Japon souhaite faire du réchauffement climatique et du développement de l’Afrique les thèmes centraux du Sommet de Toyako. «Les prix du pétrole et de l’alimentation vont être un pilier des discussions car cette question est en train de dégénérer en véritable crise, notamment dans les pays pauvres», prédit Kazuhiko Yano, économiste à l’Institut de recherche Mizuho à Tokyo. La crise alimentaire mobilise le monde. En Algérie, la sonnette d’alarme est d’ores et déjà tirée. Même si notre pays n’est pas, pour le moment, directement touché par cette crise, la sécurité alimentaire est plus que jamais menacée. Les experts en la matière avertissent: «Il est temps que l’Algérie prenne ses dispositions pour éviter la chute.» Pour ces experts, la sécurité n’est pas garantie dans les 10 années à venir et l’on ne peut plus assurer l’avenir des futures générations. Les pays industrialisés du G8 vont prendre une série de mesures pour lutter contre la crise alimentaire mondiale, a annoncé hier la chancelière allemande Angela Merkel dans un entretien au quotidien allemand Tagesspiegel am Sonntag à paraître aujourd’hui. Selon Mme Merkel, ces mesures fondées sur un concept du gouvernement allemand, prévoient de «soulager à court terme la crise alimentaire et une stratégie à long terme pour augmenter la production agricole mondiale». Selon la presse japonaise, le G8 mettra en place un groupe de travail pour lutter contre la crise alimentaire. Ce comité examinera, notamment, la possibilité de lever les restrictions aux exportations qui empêchent les pays riches de revendre aux pays nécessiteux leurs stocks d’aliments excédentaires. De son côté, le président du groupe de la Banque mondiale Robert B. Zoellick, a appelé les responsables du G8 et dirigeants des grands pays pétroliers à agir maintenant pour faire face à la flambée des prix alimentaires et énergétiques, le monde ayant atteint selon lui «une zone de danger». Cet appel est contenu dans une lettre adressée au président en exercice du Sommet du G8. Dans cette lettre figure également une estimation établie par la Banque mondiale, le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds monétaire international (FMI), qui chiffrent à 10 milliards de dollars environ l’effort à consentir pour répondre aux besoins à court terme des populations les plus durement touchées par la crise actuelle. «Ce que nous observons aujourd’hui n’est pas une catastrophe naturelle - un tsunami silencieux ou la mère de toutes les tempêtes. C’est une catastrophe d’origine humaine et qui, en tant que telle, doit être réglée par l’homme», a déclaré M.Zoellick. «J’invite instamment le Groupe des Huit, de concert avec les principaux producteurs de pétrole, à agir maintenant pour répondre à cette crise. Cela constitue une mise à l’épreuve du dispositif mondial destiné à venir en aide aux plus vulnérables, et il ne peut se permettre d’échouer». M.Zoellick a rappelé que le G8 avait pris l’engagement, lors de son Sommet de Gleneagles (Ecosse) en 2005, d’accroître le volume global de l’aide au développement, pour l’Afrique notamment, à l’horizon 2010. Pour lui, cette aide est plus nécessaire que jamais aujourd’hui, les pays d’Afrique représentant plus des deux tiers de ceux mis le plus en difficulté par la crise des prix alimentaires et énergétiques. Dans sa lettre, M.Zoellick a, par ailleurs, invité instamment le G8 à envisager deux nouvelles mesures visant à «rendre le monde mieux à même de faire face à une crise alimentaire prolongée». La première porte sur un recouvrement de contributions des membres des Nations unies en vue de garantir une partie du financement destiné au PAM. La seconde consiste à étudier l’intérêt qu’il y a à établir, sous forme de dispositif «virtuel» coordonné au plan international, une réserve stratégique à caractère humanitaire pour les situations alimentaires d’urgence. Ainsi, les pays industrialisés du G8 vont aussi confirmer, leur promesse de doubler cette aide, a indiqué à l’AFP une source du G8. Selon la même source du G8, «les pays sont encore divisés» concernant le calendrier d’autres engagements d’aide à l’Afrique. Pour sa part, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a appelé les grandes puissances industrielles à redoubler leurs efforts dans la lutte contre le changement climatique en dépit des difficultés économiques.
Naïma HAMIDACHE
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