Date
Chercher
Dans  et  Lancer la recherche
 Catégories
   Une
   Actualité
   Culture
   Sport
   Internationale
   Régions
  Flux RSS
 Contact 
 Version PDF 

 
ACTUALITÉ

LES TOUAREG ET L’ARMÉE MALIENNE S’AFFRONTENT À TIN ZAOUATINE
8 morts et 33 militaires pris en otages
23 Mars 2008 - Page : 24
Lu 1109 fois 

Une montée de fièvre qui arrive au mauvais moment

Il est à craindre que ces violences ne se répercutent sur les négociations menées pour la libération des touristes autrichiens.

La tension monte, une fois de plus, dans la bande sahélo-saharienne. Après une trêve de quelques mois, les rebelles targuis attisent la flamme au nord du Mali. Huit personnes, dont trois militaires, ont été tuées jeudi denier. Les cinq civils ont été victimes des échanges de tirs entre les forces du gouvernement malien et les rebelles targuis dans l’extrême-nord du Mali, alors que les trois militaires ont trouvé la mort suite à une mine qui a explosé lors du passage d’un convoi de l’armée malienne. Dans la même journée, trente-trois militaires maliens sont tombés aux mains des rebelles targuis. Les prisonniers ont été arrêtés sur le théâtre des opérations.
Lors de l’accrochage de jeudi, quatre militaires ont été faits prisonniers par les rebelles dirigés par Ibrahim Ag Bahanga et 29 autres ont été enlevés comme otages. «Lors de l’accrochage de jeudi quatre militaires maliens ont été faits prisonniers. Mais ceux qui ont été pris comme otages faisaient partie d’un groupe de militaires maliens qui regagnaient la ville de Kidal, venant de Tin Zaouatine. Les hommes de Bahanga les ont interceptés et ont enlevé 29 militaires», a confié une source à l’AFP. Et de rajouter que plusieurs blessés ont été enregistrés de part et d’autre, lors de ces accrochages. Cette montée de fièvre intervient au moment où le calme commençait à se réinstaller dans la région. Cela conformément aux Accords de paix signés entre les deux parties à Alger en juillet 2006.
Tripoli négocie et Vienne reste optimiste

A quelques heures de l’expiration dimanche à minuit de l’ultimatum fixé par les ravisseurs à Vienne, le fils du dirigeant libyen Mouamar El Gueddafi, Seif al-Islam, a affirmé qu’il est entré en contact avec les ravisseurs. Le fils du colonel libyen se dit optimiste sur leur prochaine libération. «Seif (al-Islam) négocie avec les ravisseurs et est, selon ses propres termes, confiant dans le fait que la question sera prochainement réglée», a rapporté l’AFP. De son côté, le président El Gueddafi avait discuté de la crise avec le président malien, Amadou Toumani Touré, alors qu’ils se trouvaient tous deux en Ouganda. Selon Osterreich qui cite une source diplomatique au Mali, des pourparlers ont été organisés par la Libye entre les ravisseurs, la branche du réseau islamiste Al Qaîda pour le Maghreb, et les négociateurs maliens, à Bou Djeheba, au nord de Tombouctou. Selon quelques informations rapportées par la presse, citant des sources diplomatiques, les ravisseurs des deux otages pourraient repousser leur ultimatum une nouvelle fois.


En application de ces accords, Ag Bahanga a procédé à la libération des 36 militaires pris comme otages, lors des différentes opérations militaires menées en 2007 dans le gouvernorat de Kidal dans la localité de Tin Zaouatine située à 2000km de Bamako. Après les 10 détenus libérés en décembre dernier, les quatre autres qui ont suivi en janvier, Ag Bahanga a libéré les 22 deniers otages le 8 mars de l’année en cours. Le retour des rebelles aux armes intervient dans une conjoncture très particulière.
C’est une période délicate sachant que les négociations s’accélèrent pour la libération de deux otages autrichiens enlevés le 22 février en Tunisie par la branche d’Al Qaîda au Maghreb islamique. Un bon nombre d’observateurs expriment leurs craintes quant aux violences qui pourraient perturber les négociations entre les parties concernées pour la libération des touristes autrichiens, Wolfgang Ebner, 51 ans, et Andrea Kloiber, 44 ans. Selon quelques informations, les deux otages se trouveraient dans la même région où a éclaté la vague de violence entre les Touareg et l’armée malienne. Des sources maliennes soulignent qu’ils sont probablement retenus dans la région de Tombouctou dans le nord du Mali.
«S’ils sont actuellement dans le nord du Mali, ils sont certainement dans la région autour de Tombouctou», a affirmé le commandant militaire des Touareg rebelles Hassan Fagaga, dans une interview à l’hebdomadaire autrichien Profil paru le week-end dernier. La région de Tin Zaouatine est une localité d’accès difficile et le carrefour de nombreux trafics dans la zone désertique et montagneuse de l’Adrar des Iforas. Dans ce contexte d’insécurité et d’instabilité, la coopération sécuritaire entre les pays du Sahel est devenue une urgence. La bande du Sahel représente un enjeu de taille, à la fois, pour la mafia des cigarettes, les trafiquants d’armes ainsi que les groupes armés. Le mouvement de rébellion au Mali, celui au Niger, la situation au Darfour, l’activisme des groupes armés dans le Sahara, suite notamment à la progression du terrorisme international, constituent un véritable champ «explosif» qui nécessite une grande vigilance des pays de la région. La conjoncture risque de se détériorer davantage, du fait de l’affiliation du Gspc au mouvement Al Qaîda, baptisé Al Qaîda au Maghreb islamique. Aussi, la coordination entre tous les pays du Sahel, y compris le Tchad et le Maroc, qui n’ont pas de frontières directes avec la région sahélienne, ne peut que contribuer efficacement au rétablissement de la sécurité au Sahel. Conscient de cette réalité, le président malien, Amadou Toumani Touré, a pris l’initiative d’organiser une rencontre des pays de la bande sahélo-saharienne. A l’ordre du jour, la sécurisation des frontières de la bande sahélo-saharienne.
Dans ce même souci, le président malien a débattu de cette question, lors de sa visite en Algérie en novembre dernier, avec le président Abdelaziz Bouteflika.

Tahar FATTANI

Envoyer cet article à un ami Version imprimable Votre commentaire