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ACTUALITÉ

LIMITATION DE MANDATS PRÉSIDENTIELS
Ouyahia récuse les propos de Ziari
02 Février 2008 - Page : 3
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«Je démens formellement qu’on ait pu imposer quoi que ce soit à l’Algérie», a affirmé Ouyahia.

Le troisième homme de l’Etat et l’ex-chef de gouvernement ont pris des chemins contradictoires. Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND, est monté au créneau ce jeudi en faisant une mise au point à Abdelaziz Ziari, président de l’APN, au sujet de la limitation de mandats présidentiels consacrée par l’actuelle Constitutions dans son article 74.
Le président de l’APN avait déclaré dans son discours de clôture de la session d’automne que la limitation de mandats présidentiels, consacrée dans l’actuelle Constitution avait été «imposée de l’étranger». Une affirmation que récusera Ahmed Ouyahia en déclarant à l’issue du dernier sommet de l’Alliance présidentielle que «je démens formellement qu’on ait pu imposer quoi que ce soit à l’Algérie.» Et de déplorer: «L’Algérie ne mérite pas d’être classée comme un pays indigène. Rien n’a été imposé à l’Algérie.»
Des propos qui auraient peut-être un sens si l’on veut parler de la chose purement politique tout en mettant de côté les conditions draconiennes imposées à l’Algérie dans les années 90.
Ahmed Ouyahia, qui fut chef de gouvernement à cette époque, indiquera en outre que «la révision de la Constitution de 1996 a fait l’objet d’une concertation qui a touché toute la classe politique nationale». Il rappellera, dans ce sens, que des rencontres et des assises ont été tenues pour élargir le débat autour de cette Constitution. Le patron du RND précisera à ce sujet, que «je ne cherche pas à nourrir une polémique mais je veux clarifier les choses». Cette mise au point de Ouyahia n’a en réalité, rien de surprenant. Une attitude des plus naturelles d’un politique qui a le devoir de défendre les choix et les décisions prises dans une période où il avait des responsabilités et par voie de conséquence, des comptes à rendre. Le secrétaire général du RND a eu à «mouiller son maillot», à plusieurs reprises, pour gommer les taches d’impopularité qu’il a contractées lors de son passage à la tête du gouvernement. Un exercice délicat auquel il se livrait pratiquement dans toutes ses sorties médiatiques. Mais cette fois-ci, le tir semble avoir pris Ouyahia de court. Une «attaque indirecte» d’un haut responsable de couleur FLN qui a visé un point sensible.
Les déclarations de Ziari méritent vraiment qu’on s’y arrête car, d’une manière ou d’une autre, elles mettent les responsables algériens des années 90, dans le box des accusés. Ces derniers, dont Ouyahia, auxquels on semble reprocher, à travers les propos du président de l’APN, d’avoir fait des concessions concernant la souveraineté de l’Etat algérien.
Ziari aurait, éventuellement, d’autres raisons pour faire de telles déclarations. Soutenir que contenu de l’article 74 de la loi fondamentale a été imposé à l’Algérie par des parties étrangères, est un «argument» à charge à ajouter à la batterie de justificatifs élaborés par les partisans du troisième mandat présidentiel. Un projet auquel le parti d’Ouyahia a pourtant adhéré.

Farouk DJOUADI

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