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RETOUR SUR LES LIEUX DE L’ATTENTAT À THÉNIA
Les années sombres reviennent à l’esprit
31 Janvier 2008 - Page : 2 Lu 1064 fois
Choquée, Ismahane, une fillette de 14 ans, se remémore son grand-père assassiné en 1996 presque au même endroit.
La localité de Thénia a frôlé la catastrophe. L’hécatombe a été évitée grâce à la vigilance et au courage d’un policier qui était, en ce jour fatidique, mardi dernier, et en cet instant en faction devant l’édifice visé. «Au prix de sa vie, ce dernier, hélas, tué par la déflagration, a défié ce sinistre kamikaze et a réussi à sauver plusieurs dizaines de vies humaines, notamment ses collègues de la Bmpj.» Ces témoignages sont sur toutes les lèvres, à l’ex-Tizi N’aït Aïcha, jadis qualifiée de porte de la Kabylie. Une reconnaissance, que ce soit de la part des policiers ou des citoyens, qui se veut un vibrant hommage à ce brave agent de la Bmpj. En fait, le terroriste, auteur de l’attentat, a été dévié de sa trajectoire, et par ricochet, la fourgonnette bourrée de 500 kg d’explosifs, (une charge qui aurait fait écrouler toute la bâtisse de la Bmpj) a raté sa véritable cible en échouant près d’une vingtaine de mètres plus loin. Ce constat a été relevé sur les lieux du drame par de nombreux observateurs. «J’étais arraché, à l’instar de tous les habitants de Thénia, de mon sommeil, aux environs de 6h 25. J’ai couru vers le lieu de l’attentat où j’ai vu des lambeaux de chair humaine ensanglantés et une partie d’un pied accroché à un arbre», témoignera un enseignant habitant la Casbah de Thénia. Le kamikaze s’appelait Hamza Abou Abderrahmane
La branche d’Al Qaîda au Maghreb a revendiqué, hier, l’attentat à la voiture piégée contre un commissariat de police en Algérie, faisant mardi 4 morts, dans un communiqué mis en ligne sur son site internet. Aussi l’identité du kamikaze a été rendue publique. En effet, Hamza Abou Abderrahmane, «a foncé mardi 29 janvier à 6h30 dans un véhicule rempli d’au moins 650kg d’explosifs». Le texte de cette revendication, dont l’authenticité ne peut être établie, ajoute que les locaux visés abritaient, au moment de l’attaque, «au moins 80 membres des forces de police.» |
C’est cette partie de pied que beaucoup de témoins oculaires pensent appartenir à une femme faisant l’objet d’une persistante rumeur selon laquelle elle serait à l’origine de l’attentat. Mais, renseignement pris auprès d’une source sécuritaire très haut placée, cette information est catégoriquement infirmée. Par ailleurs, l’impact laissé par la bombe (plus d’un mètre de profondeur et plus de trois mètres de largeur) renseigne sur l’intensité de la charge utilisée par les terroristes d’Al Qaîda. La déflagration a été entendue à 30km à la ronde. Toutefois, habitués aux actes terroristes perpétrés depuis le début de la tragédie nationale, contrairement à Naciria où les habitants ont été visiblement choqués, ceux de Thénia, comme si de rien n’était, poursuivent normalement leur activité quotidienne, à l’image de tous les commerces ouverts à l’exception de ceux du périmètre touché. Parmi les victimes de cet abominable drame, une fillette nommée Ismahane, âgée de 14 ans, est doublement choquée, en se remémorant la mort de son grand-père assassiné dans un attentat à l’explosif lequel fut perpétré en 1996 presque au même endroit. Aussi, selon le fils de A. Hamadache qui fut tué sur le coup lors de l’attentat de mardi, dira que la victime a bel et bien sollicité les services concernés pour colmater cette brèche exploitée par le kamikaze. Cela pour dire que quelque part, le sanguinaire a profité de cette faille pour surprendre les services de sécurité. Selon quelques informations concordantes, cinq véhicules bourrés d’explosifs, dont un camion (pompe à béton) seraient activement recherchés par les services de sécurité.
Mohamed BOUFATAH
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