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LE SIDA EN ALGÉRIE
La menace est toujours là
29 Janvier 2008 - Page : 9 Lu 1263 fois
A part tout ce qui ne va pas, tout va bien! Cela rime bien avec la situation actuelle du VIH sida en Algérie.
Le nombre insuffisant de campagnes d’information et de prévention et le manque de structures spécialisées dans la prise en charge des malades, participent à la propagation du virus du sida qui continue de faire des victimes dans notre pays. Si le sida a marqué le pas en Algérie ces dernières années, il n’en reste pas moins qu’il menace toujours. Le sida risque de prendre des chemins incontournables avec la situation actuelle. Près de 19.000 séropositifs, essentiellement des hommes, sont recensés en Algérie, selon ONU-sida. Le virus du sida fait partie de la famille des lentivirus. Il s’agit d’un virus possédant un génome sous forme d’ARN (acide ribonucléique), contenu dans une capside (formation de molécules protéiques, en forme de coque, qui entourent le matériel génétique - ADN ou ARN - d’un virus), elle même entourée par une enveloppe formée d’une membrane lipidique. Son nom correspond à son effet pathologique, VIH: virus d’immunodéficience acquise. La maladie qu’il cause chez l’homme est le «sida» syndrome d’immunodéficience acquise. Le virus déstabilise le métabolisme humain et s’attaque aux cellules qui ont pour fonction de détruire les virus. Le sida s’attaque à ces cellules et détruit la force et «l’armée» du corps. On distingue actuellement deux types de VIH, le premier VIH-1 et le deuxième VIH-2. Ces deux virus sont très proches de 42% d’homologie au niveau de leur génome. Le premier est le plus répandu. Selon les dernières estimations d’ONU-sida, le nombre de personnes contaminées par le VIH atteindrait les 40 millions dans le monde. L’Afrique représente la plus grande part avec 28,1 millions d’individus pour la seule Afrique subsaharienne, mais l’Afrique du Nord n’est pas épargnée. L’Algérie compte près de 800 cas de sida pour l’année 2007, selon les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la santé. Le virus du sida peut être transmis de diverses manières qui impliquent différents fluides corporels comme le sang, les sécrétions génitales, le lait. Plus de 70 à 80% des cas d’infection sont recensés parmi les hétérosexuels en Afrique, notamment en Algérie. La transmission peut se faire par don de sang ou transfusion sanguine non contrôlée et par le lien maternel lors de l’accouchement, c’est aussi un cas fréquent en Afrique.
Le sida, une question de prévention Le problème dans notre pays se pose beaucoup plus en termes de prévention: prévenir des risques d’infection en sensibilisant davantage les jeunes et moins jeunes. Des campagnes de sensibilisation et de prévention contre cette maladie, ne reviennent qu’occasionnellement malgré le programme lancé en 2005 par le ministère de l’Enseignement supérieur en Algérie. Le quotidien des malades d’El Kettar
Ce n’est pas parce qu’on est porteurs du virus qu’on va devoir mener une vie de privations. Malgré la maladie, les patients tentent tant bien que mal de la surmonter. Un quotidien qui devient lourd en raison du traitement. Plusieurs malades sont complexés à l’idée de parler de leur maladie, considérée comme tabou, d’où le peu d’informations concernant son évolution en Algérie. Des soins sont prodigués chaque jour à ces malades. Plusieurs médecins sont à leur chevet, de jour comme de nuit. Plusieurs psychologues fournissent un travail remarquable pour aider ces malades. Mais à El Kettar, le quotidien des patients est décidément autre. |
L’autre problème concerne l’insertion sociale des victimes souvent rejetées par la société. L’amalgame «sida égal sexe», nuit considérablement à l’information sur cette terrible maladie dans le pays. Lorsqu’une personne en est atteinte, on préfère pudiquement parler de cancer, voire de diabète. Nous voici donc confrontés à un double problème: l’information et la stigmatisation des sidéens en Algérie, alors que la situation risque d’empirer dans les prochaines années. Certains malades préfèrent mourir plutôt que d’annoncer qu’ils sont atteints du VIH. Le niveau sanitaire des hôpitaux reste inapproprié, selon plusieurs médecins, le milieu hospitalier en Algérie étant très mal en point, et l’hygiène, la chose la moins partagée. Néanmoins, l’Algérie a marqué des progrès considérables dans le domaine de la prise en charge psychologique des malades, selon le professeur Mosbah. La première cause du sida sont les relations sexuelles non protégées. 90% de la contamination se produit sur le territoire national, alors que dans les années 90, le virus était essentiellement importé d’Europe, selon le même professeur. La précarité de la situation sanitaire des hôpitaux reste le problème majeur pour prodiguer les soins adéquats aux malades, selon plusieurs médecins. Par ailleurs, il y a un manque certain d’effectifs médicaux qualifiés dans les hôpitaux. Le traitement des personnes atteintes, se fait à partir de la cinquième année après la déclaration du VIH sida. Il y a lieu de souligner que les soins prodigués à ces malades échoient à l’Etat. Cependant, la situation de la recherche médicale en Algérie, malgré les efforts fournis par l’Etat, laisse perplexe.
La prise de conscience des pouvoirs publics Les ministères de la Santé, de l’Enseignement supérieur et des Affaires religieuses s’impliquent de plus en plus dans la lutte contre le sida en Algérie. Dans la lutte contre le sida en Algérie, plusieurs organes publics se sont investis. Dans un premier temps, une commission nationale pour la lutte contre le sida a été mise en place en 2005. A souligner que plus de 8 millions de dollars sont versés par l’ONU sida et une ONG, le Global Fond qui contribuent financièrement au Programme de lutte mondiale contre le VIH sida. L’enseignement supérieur a bénéficié de 500.000DA depuis 2005, ce qui fait 2% du budget total financé par ONU-sida et Global Fond, selon le professeur Abdelmajid Hacherouf, conseiller au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Dans cette optique, le ministère de la Santé bénéficie de la plus grande part du budget, en vue de l’ouverture de nouveaux centres de dépistage, ainsi que l’achat des médicaments qui sont coûteux. Dans ce contexte, il faut souligner que le ministère des Affaires religieuses a contribué à la lutte contre ce fléau dans notre pays. Il convient, dans cet ordre d’idées, de mettre en exergue le rôle joué par les imams dans la sensibilisation et l’information des fidèles sur la maladie et ses conséquences, lors des prêches de la prière de vendredi, selon Abdelwahab Dif, président du Comité national de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles (MST, VIH sida). Plusieurs ministères en Algérie sont mobilisés pour la lutte contre le VIH sida. Des programmes spéciaux sont ainsi mis en oeuvre. Tel est le cas des ministères de la Jeunesse et des Sports, de l’Intérieur et des Collectivités locales, sans oublier les ONG (Organisations non gouvernementales). La mobilisation se fait aujourd’hui à tous les niveaux et touche toutes les infrastructures publiques et privées, qui participent à la prévention et aux campagnes d’informations, lesquelles restent indispensables dans le contexte actuel de la pathologie et en l’absence d’une médication universelle contre le sida.
Hakima SMAÏL

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